« Docteur, mon nounours a bobo ! »
Pour guérir, le doudou de Fiona devra prendre du stopbobo pendant une journée !
Déjà 87 enfants sont venus, hier, à l'hôpital des nounours pour faire soigner doudous et peluches. Les étudiants de la faculté de médecine en attendent 89 aujourd'hui.
Que de patients hier après-midi pour l'hôpital des nounours ! Le petit ourson de Fiona avait le bras cassé, le Scooby Doo en peluche de Lucas devait passer une radio de la patte gauche et Pimpin le lapin avait mal au ventre. « C'est qu'il est allergique au chocolat », se désole Laëtitia, la petite prioritaire de la peluche. Heureusement, nounoursolgues et chironounours étaient tous présents à la faculté de médecine pour prendre en charge tous ces petits bobos.
En reconstituant un hôpital à l'échelle du nounours, les étudiants en médecine dédramatisent, d'une manière ludique, le milieu hospitalier face un jeune public souvent impressionné par la blouse blanche. « C'est la cinquième édition de l'opération à Nantes, précise Émilie Friou, étudiante en troisième année et chef de service de l'hôpital des nounours. C'est encore un succès. Pour cette année, nous attendons 176 enfants âgés de 3 à 6 ans. »
S'apprivoiser par le jeu
Cinq cabinets de consultations, un bloc de radiologie, un cabinet d'orthophonie, un bloc opératoire ou encore un cabinet dentaire... Il faut au moins ça pour prendre en charge tous les doudous malades, pendant les deux jours d'ouverture de cet hôpital un peu spécial. Après s'être bien lavé les mains, les petits propriétaires des peluches malades entrent dans le cabinet de consultation, pour faire ausculter leur petit protégé. « Le jeu est une manière de s'apprivoiser, cette expérience est aussi enrichissante pour eux que pour nous, confie Aurore, nounoursologue et étudiante en deuxième année de médecine. C'est également l'occasion de faire de la prévention en matière de santé, sur les mesures d'hygiène des mains ou des dents. »
Plus loin au bloc opératoire, Trystan, chironounours, plâtre le bras cassé du doudou de Kenza, sous le regard amusé de Fabienne Delaunay. Cette enseignante, en moyenne et grande section de l'école maternelle Sainte-Thérése, est ravie de cette journée. « Beaucoup d'enfants de ma classe se font opérer cette année, pour les yeux, les oreilles ou les végétations. Ils auront moins peur lors de ce premier contact avec l'univers hospitalier. »
L'IME invité pour la première fois
Pour préparer cette rencontre, la vingtaine d'étudiants qui participent à l'opération, a rencontré une pédopsychiatre. « Ces conseils nous ont aidés. Il faut rester le plus naturel possible avec les enfants, c'est la meilleure façon pour les mettre à l'aise. D'autant que cette année, nous recevons pour la première fois, 5 enfants de l'Institut médico-éducatif de Chanzy (IME) », explique Émilie Friou. Les doudous de Thomas, Marion, Laura, Louis et Arnaud, élèves à l'IME, ont donc eux aussi pu être soignés.
« Nous sommes ravis d'être associés à ce projet comme n'importe quel établissement, souligne Nadège Gluker, une des éducatrices de l'IME. Pour ces enfants qui souffrent d'un handicap mental, la notion de médecin est très effrayante et souvent taboue. Cette expérience peut leur permettre de se mettre en confiance avec le milieu médical. » Et même si « les nounours ont eu très peur »,Laura, 6 ans, est repartie contente, sa peluche Nala, qui souffrait des cordes vocales, a pu chanter de nouveau.
Benoît BALTHY.
Ouest-France