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« C'est un bonheur immense, il faut continuer à se battre pour la liberté et les Droits de l'Homme », a rappelé hier la Nantaise Isabelle Galent, présidente régionale de l'association des comités de soutien d'Ingrid Betancourt et des otages colombiens. Comment avez-vous appris l'heureuse nouvelle ?
« On a eu vent de la libération d'Ingrid Betancourt mercredi, vers 20 h 30. C'est le comité de soutien de Bogota qui a averti le comité de Paris. Au début, l'information nous paraissait insensée. Personne n'osait y croire. Il y a tellement eu d'espoirs déçus, tellement de désillusions. Il a fallu attendre la confirmation officielle, les premières images, pour laisser exploser la joie. »
Qu'est-ce qui vous a poussé à créer ce comité de soutien en 2002 ?
« J'ai toujours été impressionnée par le combat d'Ingrid Bétancourt. La publication de son livre La Rage au coeur m'a bouleversée. Impossible de ne pas entrer en résonance avec sa volonté de lutter pour la paix. Après son enlèvement, ça a été naturel de créer ce comité de soutien.
C'est le premier qui est né en France. À l'époque, il a fallu se battre. Personne ou presque ne connaissait Ingrid Betancourt en France, personne ne comprenait pourquoi l'on s'intéressait autant à elle. On s'est employé à la faire connaître, à expliquer l'horreur de la situation. Ce mouvement de soutien était important, il fallait notamment que la Colombie réalise le poids que la France pouvait avoir dans ce dossier. Le Mans a été la première ville à nommer Ingrid citoyenne d'honneur de la ville, 15 jours après son enlèvement. Nantes a rapidement suivi, ainsi que 2 000 autres villes. La région s'est considérablement mobilisée. »
Votre combat ne s'arrête pas avec cette libération...
« Il reste encore 3 000 otages en Colombie, il ne faut pas les oublier. La libération d'Ingrid n'est qu'une étape. Entreprendre des missions de sauvetage militaire est extrêmement dangereux. Là, ça s'est fait sans bain de sang. Il faut profiter de cet événement pour aller dans le sens d'un accord de paix. »
Comment trouvez-vous Ingrid Betancourt ?
« Elle est d'une dignité exemplaire, elle a une maîtrise parfaite de la situation. Elle a tout simplement la carrure d'un chef d'État. D'un chef d'État qui peut faire avancer les choses. »