Édition du vendredi 21 mars 2008
« Je me suis couché vers 7-8 h »
Alban Joinel, le gardien de Carquefou, s'est confié quotidiennement à Ouest-France jusqu'à la victoire contre Marseille.
« La nuit avant Marseille, n'a pas été bonne. Ça a été très compliqué de trouver le sommeil, je ne me suis pas endormi avant 1 30 - 2h. Le matin, on était détendus, mais ça commençait quand même à monter. On a déjeuné, et bizarrement, c'est là qu'on a déconné. Il y avait des éclats de rire dans tous les sens. À 17 h, Denis nous a fait sa causerie.
On est monté dans le bus, et il a fallu attendre un peu, les motards qui devaient nous escorter étaient en retard... Ça a un peu stressé le staff. La déception, c'est qu'on a grillé aucun feu. Juste un feu orange. Ce qui était sympa, c'est les voitures qui nous doublaient, les enfants passaient leur écharpe « Allez Carquefou » devant la vitre. Ça te montait au coeur. Quand on est arrivés à la Beaujoire, il y avait du monde dans le virage. C'était terrible.
Dans le vestiaire, il régnait une espèce de décontraction, je me demandais ce qui allait se passer. Je suis sorti avant les gars, avec Gaël, pour l'entraînement spécifique. On s'est pris une espèce de grondement dans la figure... On ne sait pas si c'est du lard et du cochon, et quand on s'aperçoit que c'est pour nous... Mais à partir du moment où tu touches le premier ballon, tu essaies de zapper. Dans le vestiaire, il restait les derniers préparatifs. Tu mets les protège-tibias, tu regardes si tes lacets sont bien faits. Tu te dis presque que tu retardes l'échéance. Avant d'y aller, on s'est tous pris dans les bras. Ce qui était fabuleux, c'est les plus jeunes. Ils avaient une banane... On savait qu'ils allaient tout dégommer. Dans le couloir, je voyais l'équipe de derrière, les têtes et les épaules étaient droites, on ne regardait pas trop les mecs de Marseille. Bon, on a quand même vu qu'ils étaient en orange. D'ailleurs, on n'a pas pu le toucher, trois d'entre nous seulement on pu l'échanger... Trois sur dix-huit, c'est un peu triste.
Sur mon premier ballon, je prends un centre de la droite, et je réussis mon dégagement sur Idriss. Après, j'ai cherché à trouver les copains en tribune. Le moment le plus fort, c'est quand tu comprends que c'est la fin du match. Parce que le coup de sifflet de l'arbitre, tu ne l'entends pas. Tu sais que tu es sur le terrain avec des potes qui ont les larmes aux yeux depuis trois minutes, tu n'en es pas loin toi-même, dans les tribunes les gens sont en transe. C'est un moment monstrueux, tu ne sais même pas quoi faire. Après la réception, on s'est retrouvé dans notre QG et je me suis couché vers 7-8 h. Et réveillé de bonne humeur. »
Ouest-France