« L'abribus » : Zébulon des villes et baba cool des champs
Sous la belle coupole du Théâtre de la Gaîté Montparnasse, les applaudissements résonnent. Cinq minutes sans discontinuer. Comme chaque soir, la pièce de Philippe Elno qu'il interprète avec Florence Foresti cartonne.
L'histoire ? La rencontre entre un baba cool des champs et une Zébulon des villes, au bord d'une route, au fin fond de la cambrousse. Elle est artiste, elle virevolte inutilement. Il est apiculteur, il la regarde trépigner avec ironie. Ils n'ont rien en commun. Rien à se dire. Rien à voir ensemble. Ils vont quand même s'apprivoiser et finir par faire coeur commun.
«Toute ressemblance ne peut être que fortuite, rigole Florence Foresti. Philippe a écrit le rôle sur mesure pour moi. Il a exagéré l'anxiété, l'hypocondrie. C'est vrai: j'ai un caractère un peu trempé. De l'énergie à revendre. Et je suis bouillonnante. Mais on ne devient pas forcément un monstre de sottise et d'égocentrisme avec le succès... » Dont acte.
Même si le thème de L'abribus ¯ la cohabitation forcée de deux individus au caractère opposé ¯ n'a rien de bien original, le texte de Philippe Elno, parfois doux-amer, fait souvent mouche. Dans le rôle de la citadine, Florence Foresti, montée sur ressorts, est irrésistible. Trop peut-être. Au point d'éclipser parfois son complice de scène.
Foresti, fille naturelle de Jacqueline Maillan et Louis de Funès ? Peut-être. Avec, en plus, un goût de la malice et de l'autodérision qui font plaisir à voir.
« L'abribus »à la Cité des congrès de Nantes (salle Le Celest) dimanche 20 à 16 h, lundi 21 et mardi 22 à 21 h. Tarifs : de 33 à 38,5 €. Jusqu'au 10 mai au Théâtre de la Gaîté Montparnasse à Paris.