Elie Baup nouvel entraîneur du FC Nantes !
Faut-il renouveler les bus « Nantes city tour » l'été prochain ?
Grilles « anti-SDF » : vos réactions
Racontez-nous vos concerts et spectacles !
Jours de fête
Les quizz de l'été
Concours : vos plus belles photos de vacances !
Webcam
Vos photos de Nantes
Naissances
Nantes demain
Baby-sitting



Quarante-cinq ans après, les anciens appelés basés à Tamesna dans le djebel se sont retrouvés. Et l'amitié est toujours là. Devant sa maison, à Saint-Luce-sur-Loire, Maurice Duval a installé pour l'occasion une petite pancarte avec un nom : « Tamesna ». Cette réunion, il l'a préparée depuis six mois. L'idée de rassembler les anciens appelés d'Algérie qui constituaient la 7e compagnie du 8e régiment d'infanterie motorisé entre 1959 et 1962 lui est venue quand il est retourné là-bas, il y a deux ans. « Plus qu'un voyage, ce fut un pèlerinage. Et les Algériens nous ont formidablement accueillis » reconnaît-t-il.
De fil en aiguille, Maurice Duval, ancien du service des espaces verts de Nantes, et Yves Saunier, ancien carrossier originaire de La Chapelle-sur-Erdre, qui ne s'étaient jamais perdus de vue, ont réussi à contacter une quarantaine d'anciens. En ce lundi matin de Pentecôte, 45 ans après, une vingtaine se retrouvent. Et l'émotion est au rendez-vous.
« Affectés dans une ferme isolée à quarante kilomètres de Saïda dans le sud ouest algérien, nous étions loin des nôtres, dans un milieu hostile. Au PC de Saïda on nous appelait la compagnie des Felouz. Eux, on les appelait les planqués. Aujourd'hui, nous ne sommes là que pour nous souvenir des meilleurs moments » explique Roland Ferron, enseignant retraité, venu de Mayenne.
Fraternité
Les bons moments ? « C'est une certaine fraternité. Nous étions conscients que nous avions tous besoins les uns des autres, officiers et hommes de troupes. Mais ce sentiment était encore plus fort chez les appelés. Quarante-cinq ans après, on a les larmes aux yeux. On parlait depuis longtemps de se retrouver, il était temps de le faire. Dans dix ans, cela aurait été trop tard » reconnaît Maurice Duval.
Le malaise de l'après-guerre
Mais, intervient Roland Ferron, « si on ne l'a pas fait plus tôt c'est que tout de suite après cette guerre, très mal comprise par nous et mal acceptée par la population française, il y a eu un malaise. Dans les deux camps. Dans les deux camps il y a eu des mauvais coups. C'était une guerre coloniale et nous, on n'avait rien à faire de cette guerre. Mais le désir de se retrouver était trop fort et nous voudrions bien que d'autres nous rejoignent ».
Tous acquiescent. Maurice Duval rajoute : « L'armée de métier s'est évertuée à donner le côté utile de cette guerre. On a même évoqué depuis les bienfaits de la colonisation. Mais la colonisation avec des fusils et des cartouches, je ne vois pas très bien les bienfaits ».
À Saint-Luce-sur-Loire, puis à Mauves où ils se sont retrouvés pour un déjeuner commun, c'est bien de fraternité qu'il était question. « Cette amitié qui existait là-bas est toujours là. C'est la seule chose positive de la guerre d'Algérie » conclut Jean Rouaud, de Jans.
Eric Cabanas
Les anciens de la 7e compagnie du 8e R.I.M. peuvent se faire connaître auprès de Maurice Duval (02 40 25 69 57), Yves Saulnier (02 51 12 98 48) ou par internet : roland.ferron@laposte.net