« Le bac en 68, c'était le bazar dehors ! »
Une partie des bachelières de 1968 de Saint-Gildas-des-Bois est venue fêter les quarante ans de retrouvailles et du bac à Saint-Gildas-de-Rhuys en Morbihan, lors d'un week-end de trois jours. « C'est l'occasion pour nous de nous remémorer des anecdotes, nos souvenirs », confie l'une d'entre elles. Photo : Archive Annie Danet.
Les bachelières soixante-huitardes de Saint-Gildas-des-Bois viennent de passer un week-end d'anniversaire. Voilà quarante ans, elles passaient leur bac.
Cette année, après quarante-six ans d'amitié, et quarante ans de retrouvailles, les bachelières soixante-huitardes fêtent l'événement à Saint-Gildas-de-Rhuys dans le Morbihan. « On a jamais pu se séparer et ce n'est pas demain que ça arrivera ! », explique sourire aux lèvres, Danièle, une des anciennes élèves.
En 1968, alors que la France connaît la crise et que l'agitation étudiante trouble les cours, pas question pour les vingt-huit jeunes filles de terminale du pensionnat Sainte-Bernadette du couvent de Saint-Gildas-des-Bois, en Loire-Atlantique, de flâner. « C'était le bazar dehors. Mais nous, nous devions continuer à travailler dur. Ce qui était vraiment difficile c'est que nous ne savions même pas si nous allions le passer ! C'est terrible de réviser sans savoir si l'examen aura lieu », explique Annie, une ancienne élève de la promo 68.
Le bac 68 ? Un oral stressant
Le mouvement de contestation gagne vite les rangs estudiantins. Les lycées sont perturbés, le baccalauréat aussi. Finalement il n'y aura pas d'écrit mais seulement des oraux. « Un bac à l'oral, bonjour la panique ! Parce que certaines se débrouillaient bien à l'oral, mais pour d'autres... ! », se rappelle une autre élève. « On dit souvent que le bac 68 a été donné. Mais je peux assurer que non ! Trois filles de notre promotion sont allées au rattrapage », assure Danièle.
Pour ces lycéennes, à l'époque seulement âgées de dix-sept ou dix-huit ans, le bac a été une véritable épreuve dans tous les sens du terme: « Nous venions du privé, et les examinateurs n'étaient pas tendres avec nous », commente l'une des dames. « Sincèrement, ils devaient noter à la tête, c'est obligé ! », ajoute une de ses collègues. Bac en poche pour chacune, la plupart deviendront institutrice.
Quarante-six ans d'amitié
« Après le bac, nous nous sommes retrouvées dès décembre 1968. On ne pouvait plus se séparer », confirme l'ancienne classe. En effet, les jeunes filles se sont rencontré dès la cinquième. Arrivées au pensionnat dans l'intention de devenir institutrice, elles gardent de très bons souvenirs de ces années passées mais aussi des mauvais. « La vie était drastique au pensionnat. Sous la direction des religieuses, on n'avait pas le droit de faire grand-chose ! Même pas de rire ! »
Une amitié indéfectible s'est nouée entre elles. « Nous nous revoyons tous les ans quasiment, avec au fil du temps maris, enfants et pour certaines, petits enfants à présent ! ». Eh oui, les bachelières de 68 sont devenues grands-mères !
Stéphanie HANCQ.
Ouest-France