En un an de fonctionnement et une centaine de spectacles, il devient le premier Zénith de France après Paris. Ses exploitants ont dressé le bilan.
Le lieu. Propriété de Nantes Métropole, le Zénith est géré par la société Coker (exploitant le Zénith de Paris depuis son origine), présidée par Daniel Colling et Daniel Keravec.Les chiffres. Avec 485000 spectateurs en un an, l'objectif de 350000 est largement dépassé. Si l'on enlève les spectateurs gratuits, notamment ceux des meetings électoraux, on arrive à 450000. Bien au-dessus de la moyenne des treize Zénith en région (environ 200000). Sur une centaine de concerts, les spectateurs ont dépensé 21millions d'euros en billetterie, bar, merchandising...L'effet Zénith. L'attrait de la nouveauté est l'une des explications du succès. Les producteurs et spectateurs ont testé l'équipement en masse. Par ailleurs, l'année a été forte en tournées. Enfin, le public de la région est réputé friand de sorties.Les poids lourds. Tokio Hotel, Yannick Noah, Jean-Louis Aubert, Polnareff, Bruel, Hallyday, Indochine, Muse, Placebo, Mika, la Caravane des Enfoirés... Ils ont tous flirté avec les 8000 spectateurs. Sur les 92 séances, le taux de remplissage moyen est de 95%. Quelques erreurs de casting: cinq spectacles ont fait moins de 2000 places (Elvis the musical, Hélène Segara, Alain Barrière, Motorhead et Guy Bedos).Rayonnement. Départemental pour la variété française et les artistes étrangers qui tournent beaucoup en France, il s'étend sur tout le grand Ouest pour les pointures anglo-saxones. «Jusqu'à La Rochelle et Bordeaux pour Muse, de toute la France pour les Enfoirés.»Concurrence. Selon Daniel Colling, «le transfert des autres salles vers le Zénith reste marginal». Jacques Tallut, directeur de la Cité des congrès, nuance: «On a signé ensemble une charte de complémentarité mais c'est pas si simple que ça. Il y a eu des transferts importants de la Cité au Zénith. Ça a un impact. On espère que cela va s'estomper avec des transferts de spectacles à petite jauge chez nous.»3e région pour les spectacles. Pour sa défense, Daniel Colling avance les chiffres des droits Sacem perçus en 2007 en Loire-Atlantique, en augmentation de 381% par rapport à 2006. «L'offre de spectacles en Loire-Atlantique a été multipliée par 4.»Théorie du mouvement perpétuel. «La variété a de l'avenir, elle se porte de mieux en mieux» sourit Daniel Colling, qui a étudié le phénomène des générations de fans «qui se renouvellent environ tous les six ans, avec l'arrivée d'un nouvel artiste».La preuve: «Le Zénith de Paris n'a jamais cessé d'évoluer depuis 24 ans».Déco. Jugé un peu froid et «trop bleu», le Zénith a besoin de réchauffer sa décoration intérieure, notamment dans le hall. Mission confiée à l'artiste Sofi Arto, qui s'est déjà chargée de rendre les loges plus conviviales.Nantes au Zénith. Après le succès de la soirée d'inauguration du Zénith en décembre 2006 avec la scène nantaise, l'Olympic remet le couvert le 26janvier prochain en réunissant un nouveau plateau local d'artistes de différentes familles musicales (pop, blues rock, hip-hop, ragga, chanson, electro, musiques du monde et trad). D'autres structures comme la BaraKason ou le Pannonica seront associées à l'événement. La billetterie ouvre la semaine prochaine.Le Dalaï Lama au Zénith. Ce sera en 2008, du 15 au 20août, sa première visite dans l'Ouest de la France. Invitée par trois centres bouddhistes tibétains, Sa Sainteté donnera pendant cinq jours des conférences et des enseignements.Isabelle LABARRE.