Édition du vendredi 21 mars 2008
A Marseille, c'est la grande honte
Les supporteurs marseillais digèrent mal cette humiliation. Les joueurs, eux, se tournent déjà vers Sochaux, prochain adversaire au Vélodrome.
MARSEILLE (de notre correspondante). Une immense honte, c'est ce qu'ont ressenti tous les supporteurs marseillais après l'élimination contre Carquefou. « On s'est fait sortir par une équipe d'amateurs. C'est inadmissible quand on s'appelle Marseille », confirme un membre des Ultras, l'un des plus influents clubs de supporteurs de la ville. Robert, abonné lui en tribune Ganay au Vélodrome, souligne : « Nous sommes la risée de toute la France. C'est assez difficile à vivre. » Les médias locaux n'ont pas fait dans la dentelle. « L'OM ridicule contre Carquefou » a titré en une, le quotidien La Marseillaise alors que le journaliste de la Provence n'a trouvé aucune excuse à personne en les traitant de « misérables ». Avi Assouly, l'un des journalistes emblématiques de France Bleu Provence, qui couvre tous les matchs en direct depuis vingt ans, admet même s'être mis à entonner « Carquefou, Carquefou ! » en fin de rencontre avec les supporteurs de la Beaujoire. Sur les différents forums de sites internet, les supporteurs s'en donnent à coeur joie. « Nos joueurs nous ont craché à la figure », lâche l'un. « C'est une faute professionnelle grave, renchérit l'autre. Carquefou, on ne savait même pas où ce bled se trouvait il y a quelques jours, et là ils n'ont même pas eu à se sortir les tripes pour l'emporter. » Certains veulent même les punir en demandant qu'ils démarrent le match nantis d'un nez rouge avec en fond la musique de la piste aux étoiles.« Courage et abnégation » En ce qui concerne les joueurs, personne n'est épargné, surtout pas Samir Nasri, « le petit prince susceptible, qui voudrait qu'on se taise maintenant. » Ils rendent, quand même, tous un bel hommage aux joueurs de Carquefou qu'ils ont découverts mais dont ils envient le « courage et l'abnégation. » Quant aux Olympiens, ils ont fait un décrassage, hier en fin d'après midi, dans une ambiance forcément morose. « Ce fut extrêmement désagréable pour l'entraîneur que je suis d'avoir à vivre ça, d'être ridiculisé dans toute la France, admet Eric Gerets. Ce n'est pas ma première désillusion, ni la dernière, mais elle est certainement dans le Top 3 dans ma vie. » L'entraîneur de l'OM a assuré qu'il garderait une équipe type pour les neuf matches restants visant à accrocher une place en Ligue des champions. « Evidemment, il faudra gommer toutes les hésitations que nous avons aujourd'hui. Et avoir une grande réaction demain. » Hélène FOXONET.
Ouest-France