Affaire Jonathan : l'enquête repart
Jonathan, 11 ans, originaire d'Orval, une petite commune du Cher, était en classe de mer dans le centre de vacances des Pupilles de l'enseignement public du Cher (Pep), à Saint-Brevin. Il a disparu dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 : Nathalie Bourreau
L'enquête sur l'enlèvement et le meurtre du petit Jonathan pourrait « s'accélérer ». L'an dernier, le dossier a été épluché par des spécialistes de l'analyse criminelle. Depuis quelques semaines, la cellule d'enquête a été renforcée pour répondre à toutes les questions soulevées. Une reconstitution est même programmée.
Qui a enlevé et tué le petit Jonathan, au printemps 2004 sur le littoral de la Loire-Atlantique ? Depuis bientôt quatre ans, les gendarmes désespèrent de répondre à cette question.
Jonathan, 11 ans, originaire d'Orval, une petite commune du Cher, était en classe de mer dans le centre de vacances des Pupilles de l'enseignement public du Cher (Pep), à Saint-Brevin. Dans la nuit du 6 au 7 avril 2004, il a disparu du dortoir. Son corps a été retrouvé le 20 mai 2004, dans un étang à Guérande. L'enfant a été tué, étouffé, avant d'être jeté à l'eau.
Les experts de l'analyse criminelle à la rescousse
Seul élément à la disposition des enquêteurs : une trace ADN relevée sur le lit de l'enfant à Saint-Brevin. Malheureusement, les espoirs suscités par cet indice n'ont pas été couronnés de succès. Du moins pas encore.
Car depuis mars 2007, à la demande de la juge d'instruction nazairienne Aline Bironneau, le centre national d'expertise technique et scientifique de la gendarmerie, implanté au fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a intégralement repris le volumineux dossier.
Ces spécialistes ont réétudié des centaines et des centaines de procès-verbaux de constatations et d'auditions. Toutes les données ont été entrées dans un ordinateur, qui a croisé et recoupé les milliers d'informations recueillies, même la plus anodine.
Les enquêteurs n'ont plus de certitudes
Cette méthode, baptisée Anacrim, l'abréviation d'analyse criminelle, a apparemment ouvert des pistes. Mais elle aurait également balayé quelques-unes des certitudes des enquêteurs. « On ne sait pas si c'est l'ADN de l'agresseur. On ne sait d'ailleurs pas si l'enfant a été abusé. En fait, on n'est même plus sûr que Jonathan a été séquestré un mois avant d'être tué... » soupire un responsable de la gendarmerie, un peu dépité : « En fait, l'enquête repart pratiquement de zéro ».
Les gendarmes, pourtant, ne baissent pas les bras. « Jonathan, c'est l'affaire d'une vie. On ne lâchera jamais... Et un jour ou l'autre, on finira par trouver » promet l'un d'eux. Depuis septembre, la cellule d'enquête, placée sous la responsabilité de la section recherches de Rennes, a été renforcée.
Elle est passée de quatre à dix enquêteurs pour balayer les questions et éclaircir les zones d'ombre mises en évidence par Anacrim. « Il y a des pistes... » assurait un enquêteur en début d'année.
Une reconstitution à Saint-Brevin
Fait nouveau : dans quelques jours, une reconstitution sera organisée à Saint-Brevin. L'intérêt ? Permettre aux enquêteurs de vérifier certaines hypothèses avant la destruction du centre de vacances.
Presse-Océan