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Christian Beugnet, secrétaire général du groupe Latécoère. Ce serait dommage de ne pas créer un champion français dans les aérostructures. Si on ne le fait pas en France, on laisse passer une chance. Nous présentons un dossier que nous souhaitons excellent et nous espérons qu'il sera retenu le 13 mai, lors du comité d'EADS. Ce mardi, nous transmettons les derniers ajustements du dossier.
Le montage financier?
Nous continuons à travailler à la création d'une filiale commune avec Airbus. Pour cela, nous prévoyons une augmentation de capital de 300 millions d'€. Il nous reste à rapprocher les positions des uns et des autres: les investisseurs nouveaux avec lesquels nous discutons, telle la Caisse des dépôts et consignations; les banquiers et actionnaires actuels de Latécoère; et nos deux sociétés.
La parité euro-dollar pèse sur le projet?
Quand nous avons commencé à en discuter avec Airbus, 1 euro valait 1,35 dollar. Aujourd'hui, 1 euro vaut 1,60 dollar. Or, près de la moitié de notre chiffre d'affaires est réalisé en dollars. Cela dit, c'est un projet qui comprend la réalisation d'éléments importants de l'A350, un programme qui va vivre 25 ans. Quelle sera la parité sur une aussi longue période? En attendant, nous avons le projet de création d'une filiale au Maghreb, pour atténuer ce problème de parité. Et cela n'a pas d'impact sur l'emploi en France: nous avons en effet devant nous une augmentation du plan de charge de 40%, si bien que nous prévoyons la création, à l'horizon 2010, de 250 emplois à Méaulte et 250 en Midi-Pyrénées.
Et à Saint-Nazaire ville?
Nous prévoyons un effectif en production stable à l'horizon 2010, de l'ordre de 550 personnes.
Des salariés français d'Airbus s'inquiètent d'une inégalité de traitement, trois sites allemands étant filialisés et non vendus.
Le management d'Airbus a confirmé qu'au bout d'une période de trois ans, les usines allemandes seraient, elles aussi, cédées à un repreneur. Je ne pense pas qu'il y ait inéquité.
Recueilli par
Jacques SAYAGH.
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