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Édition du jeudi 27 mars 2008

Airness se retire en douceur, Kappa se prépare

Airness a fait une croix sur son avenir comme équipementier du FC Nantes. La marque italienne Kappa refuse d'officialiser la succession.

La panthère - symbole de la griffe Airness - ne rugira plus de plaisir à La Beaujoire d'ici deux petits mois. Le divorce entre Waldemar Kita et Malamine Koné, PDG et fondateur de l'équipementier du FCN, n'est pas seulement prononcé mais également consommé à écouter ce dernier. « Nous n'avions aucune raison de résilier notre contrat avec le FCN, même si certains ont essayé d'en trouver, alors qu'il nous restait cinq ans de partenariat. Maintenant, quand on est passionné par quelque chose, il faut savoir faire des sacrifices, ne pas réclamer de dédommagements. Le FC Nantes est une légende du foot, respectable, qui mérite qu'on ne lui fasse pas d'histoires. »

Les menaces en tous genres semblent soudainement loin. Au nom des affaires, la paix l'emporte. « Je perds là le club de mon coeur. C'est d'autant plus regrettable que nous avions la possibilité de nous en séparer quand le club est descendu. Au contraire, nous avons renforcé notre soutien afin de vivre la belle aventure de la remontée en L1. Seule certitude, Nantes ne resignera jamais un contrat comme ça. »

Le FCN ne travaillera plus avec Sportfive

En Ligue 1, Airness déposait un chèque annuel de 600 000 euros annuels au FC Nantes, en sus des dotations. « J'espère que ce n'est que partie remise. Je reste à l'affût » promet toutefois Malamine Koné. « Je ne suis pas sûr que toutes les décisions prises aillent dans l'intérêt du FC Nantes. Si je suis d'accord sur le fait qu'il faille changer des choses, je pense qu'il existe une façon de faire. »

Waldemar Kita avait mis en avant la médiocrité des produits et surtout le non-respect des délais de livraison. Un discours abondamment relayé au sein du club. « Aucun équipementier ne livre correctement ! On a la faiblesse de notre jeunesse, reconnaît néanmoinsle PDG d'Airness. J'ai décidé de cultiver la proximité. On essaie de travailler un design différent pour chacun de nos clubs. Parfois, on devrait peut-être se montrer plus exigeant et directif. »

Airness perd le FC Nantes et Lille mais gagne Toulouse et Le Havre. Deux clubs avec lequel Malamine Koné a trouvé un accord sans le moindre intermédiaire, contrairement aux Canaris, où son arrivée s'était effectuée voilà trois ans par le biais de Sportfive. Issu du rapprochement entre le groupe Jean-Claude Darmon, Sport +(Vivendi Universal) et UFA Sports (RTL Group), le leader européen dans la gestion des droits marketing et audiovisuels sportifs s'apprête lui aussi à faire ses valises de la Jonelière. Comme pour l'AJ Auxerre, l'Olympique Lyonnais, le FC Metz, l'AS Monaco, le Paris Saint-Germain ou le RC Strasbourg, Sportfive disposait sur Nantes d'une équipe (4 commerciaux et une secrétaire) qui gérait en local les activités marketing et commerciales des Canaris.

Aujourd'hui, Waldemar Kita souhaite voler de ses propres ailes, comme avec l'équipementier italien Kappa dont le siège, pour la partie française, est installé à Saint-Herblain. « Il y a eu effectivement des rencontres entre les deux parties, mais rien n'est officialisé » s'acharne à préciser Mathieu Lenoir, en charge des relations sponsoring avec les clubs. « Notre chiffre d'affaires est passé de 11,5M € à 27M €, nous disposons donc d'un pouvoir d'investissement. Après, il ne s'agit pas de sponsoriser tous les clubs. Nantes correspond à notre public. » Le sponsor maillot de l'AS Roma, du Werder Brême, du Bétis Séville et du Mans se dit déjà prêt à respecter les délais: « Une collection se prépare six à huit mois en amont mais on a les moyens pour accélérer les choses et livrer à la mi-juin. » Pas signé mais pratiquement emballé...

C. D.

Ouest-France

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