Assises : les Roms s'invitent au débat
Les Roms (le camp de la Souillarderie, route de Sainte-Luce) ont fait l'objet de discussions en marge des assises de la coopération décentralisée franco-roumaine. : Archives Ouest-France.
La coordination Roms a interpellé les politiques, à l'occasion des 3e assises de la coopération décentralisée franco-roumaine, à Nantes.
La question des Roms n'était pas à l'ordre du jour des assises de la coopération décentralisée franco-roumaine, qui se tiennent jusqu'à ce soir à la cité des congrès de Nantes. « C'est trop dérangeant pour nos amis les Roumains », explique-t-on dans les milieux initiés de Nantes Métropole. Ethnie minoritaire rejetée par les Roumains, les Roms quittent leur pays en masse pour échapper au racisme et par nécessité économique. À Nantes, ils sont environ 500 à s'être réfugiés dans l'agglomération. Que faire face à ce problème ? « Dois-je répondre au nom de la Roumanie · » a indiqué Bernard Kouchner aux journalistes qui lui posaient la question. Le ministre des affaires étrangères en déplacement à Nantes venait d'ouvrir les assises par un discours très général rappelant « l'importance de la coopération entre la France et la Roumanie ». Le ministre ne nie pas les « difficultés pour traiter le problème des Roms en France », ajoutant qu'il y a « une écoute, un traitement particulier à leur adresser ». Sur le fond, Bernard Kouchner n'a avancé aucune mesure concrète pour régler la question de l'afflux de ces populations en France.StigmatisationDans son discours inaugural, Jean-Marc Ayrault a volontairement abordé ce sujet « sensible » : « Je forme le voeu qu'ensemble nous puissions évoluer sur cette question. » À Nantes, trois aires d'accueil ont été aménagées pour 63 familles Roms (300 personnes environ). Parallèlement, des expulsions en masse avec des reconduites à la frontière se poursuivent. Le député-maire espère que le co-développement permettra d'aider ces populations à rester dans leur pays, dénonçant au passage la situation en Italie - l'assassinat d'une femme par un ressortissant roumain a mis le feu aux poudres, début novembre. « Il ne faut pas faire porter la responsabilité de quelques-uns sur l'ensemble des Roumains. Attention à la stigmatisation. »Un peu plus tard, les associations nantaises qui aident les Roms au quotidien se sont invitées aux assises pour « interpeller les représentants roumains et français des collectivités ». La coordination solidaire Roms (1) a distribué une lettre aux élus dénonçant le fait que « la question des Roms soit évacuée de ces assises alors que l'on parle de cohésion sociale et de démocratie participative ». Ils ont pu rencontrer un représentant du ministère de l'intérieur roumain et un représentant des maires. « On nous a certifié que l'an prochain, les assises qui se tiennent en Roumanie, aborderaient la question Rom. » Et un débat s'est ainsi engagé, sur le trottoir, avec une poignée de maires roumains. « Beaucoup de personnes sont parties de Roumanie parce qu'en Europe, le système social est meilleur, estime Enache Dumitru, maire d'une commune du sud-est du pays. Il n'hésite pas à dire de façon péremptoire : « Les Roms ne veulent pas travailler. »Vanessa RIPOCHE.(1) Roms Sorinières, Roms Est, Médecin du monde, Une famille, un toit, Ligue des droits de l'homme, Restaus du coeur, Secours catholique...
Ouest-France