Athlétisme : Quand Michael Diaz flirte avec Pékin
Michael Diaz est monté sur la première marche du podium des derniers championnats de France jeunes. Mais il espère en gravir d'autres, notamment celles qui le mèneront aux Jeux Olympiques.
Championnat de France jeunes. Au-delà d'un 3e titre national, le Nantais a raté de peu les minima olympiques. Promis, il va remettre ça à Albi.
Là, devant lui, à quelques foulées, se dresse son rêve olympique. Vénissieux, soudaine banlieue proche de Pékin. Un Graal haut perché. Mais pas infranchissable. « J'avais déjà tenté 2,28 m cet hiver », avouera après coup l'espoir du Stade Nantais. Alors oui. Diaz y croit. Son coach y croit. Tout le stade y croit. Les autres concours semblent avoir suspendu leur vol. Surtout depuis que le speaker a annoncé haut et fort cette fameuse barre à 2,30 m. « Michael le grand » vient d'effacer 2,20 m et 2,22 m à ses premiers essais. Dernier regard complice avec son camp. Il s'élance. La course d'appel est bonne, l'impulsion explosive, le saut excellent. Drapeau rouge pourtant. Ce qu'il a manqué ? « Pas grand chose et en même temps un tas de petits détails ». Sans le savoir encore, ce sera de très loin la meilleure de ses trois tentatives olympiques. « Mon deuxième saut a été un peu « cata » techniquement. Du coup, je me suis refait mal à la cheville ». Le talon d'Achille de Michael Diaz. « Au-delà d'un petit os de la cheville qui se déplace de façon récurrente, j'avais également avant le concours une petite entorse ».
Albi, ultime chance
Mais l'espoir du Stade Nantais Ac sait gérer. La douleur et un concours du championnat de France. Alors que ses principaux concurrents (Xavier Clais, Abdel Aziz Namaoui, le Vendéen Lucas) débutent à 1,99 m, il fait l'impasse avant de franchir... 2,04 m au premier saut. Premier signe fort. Deuxième impasse à 2,08 m alors qu'ils sont encore cinq à lui disputer l'or. Derrière ? 2,11 m au premier essai. Il en sera de même à 2,16 m, 2,20 m et donc 2,22 m, synonyme du titre espoirs. Le troisième à suivre. « Mon dernier chez les jeunes, se marre volontiers Michael Diaz. La boucle est bouclée en somme puisque mon premier titre (cadets 2003), je l'avais remporté à Lyon, tout près d'ici ». Bienvenu en seniors. Et surtout parmi les élites puisque le Nantais a décroché son billet pour Albi. Ultime chance pour les JO. « Tout le monde sera au top. Les plus grands seront là. Pourtant, il faudra y croire et tout donner ». Comme à Vénissieux.
Philippe PANIGHINI.
Ouest-France