Édition du samedi 07 juin 2008
Au Hangar, midi ou soir, c'est le jour et la nuit
Un an après, le Hangar est surtout un lieu de la nuit, très peu fréquenté le midi. Pas de souci pour ceux qui ont trouvé un concept. Les autres rament.
Midi ciel gris. Température douce, terrasses quasi désertes. Un jeudi midi au Hangar à bananes, quelques cadres, costumes cravates, sont attablés. Ambiance tristounette. « On attend l'été avec impatience. » C'est la ritournelle des patrons des bars et des restaurants du Hangar. Car pour beaucoup, l'hiver a été rude. « On sort à peine la tête de l'eau. On a démarré l'été dernier, très fort. Après, le début d'année a été galère avec, en plus, l'interdiction de fumer et de servir de l'alcool après 3 h du matin », explique-t-on à l'Alter Café.
Cake-salade. On cogite de nouvelles formules. Le cake bio curry, poulet, raisin est plutôt original. Avec une salade et un dessert, c'est 9,90€. À part le pub irlandais Dock Yard, qui propose des croque-monsieur à 6,50€, les restaurants ne sont pas vraiment des cantines. Un peu trop haut de gamme. Tous s'accordent à dire qu'il manque un restau plus populaire pour répondre à la demande des clients, plutôt jeunes. L'idéal serait une pizzeria.
Un peu frisquet. Le midi, « tout dépend de la météo », observent les patrons de restaurants. Au Cargo, ça oscille entre 50 et 80 couverts, contre « 300 les meilleurs soirs », note Thierry Maréchal, à la tête de quinze salariés. Certains n'hésitent pas à fermer parfois, faute de clients. My Asian Time a, lui, du mal à se relever de ses trois mois de fermeture administrative (le restaurant est poursuivi pour travail illégal).
Apéro salsa. Un an après, le Hangar est surtout un lieu nocturne. À l'heure de l'apéro, des terrasses se remplissent. Dans un premier établissement, pas de cacahuètes pour accompagner le verre, mais un saucisson payant. À la Calle, en revanche, le buffet gratuit séduit largement. Nouvelle formule pour pallier l'insuffisance de l'offre des restaurants. Jérome Guilbert, à la tête de plusieurs établissements dans le secteur, et Erwann Surel, le directeur, se frottent les mains. Eux ont ciblé large. C'est un site saisonnier, mais ils ont tout de suite tiré leur épingle du jeu. Même durant les mois creux. « Si ça marche, c'est parce qu'on a créé une ambiance. On a un Dj différent tous les soirs, et des cours de salsa le mercredi. » Ici, se retrouve une clientèle très féminine, de 25 à 45 ans.
Et les « vieux » ? Cathy et Élisabeth, les soixante ans rayonnants, apprécient le coucher de soleil. Le Hangar à bananes, c'est une première pour Élisabeth. Cathy, déjà venue plusieurs fois, apprécie la diversité des bars, mais regrette qu'ils ne s'adressent pas davantage à sa génération. « L'an dernier, j'étais venue un samedi soir, j'ai entendu : « Y'a des vieilles. » Depuis, je viens en semaine. » Ce soir, elles filent au dîner dansant du Cargo.
Rock et Metal. C'est la recette du succès du Ferrailleur. Quasi inespéré. Sylvain, le patron, organise entre deux et cinq concerts par semaine. « J'ai réussi à faire venir des pointures. Je laisse aussi ma salle aux débutants. » Grande satisfaction pour ce néophyte du commerce. « Je n'avais pas d'argent, la banque m'a fait crédit. Aujourd'hui, je paie le personnel et j'en vis. »
Fin de promenade. Jonathan, 24 ans, et Sandra, 23 ans, habitués des fins de semaine au Hangar, hésitent. L'Icône ou la Calle? Après 23 h, ils vont danser ailleurs. Ici, pour eux, «?c'est pas assez festif?».
Ouest-France