L'aménagement de l'Île de NantesL'île de Nantes va devenir un territoire pilote en matière d'énergie solaire. A la mi-décembre, Nantes-Métropole devrait signer un programme photovoltaïque d'envergure avec l'Europe. Il permettra notamment d'éclairer, à terme, quelque 500 logements.
« Un peu que c'est un gros projet ! » s'exclame-t-on, sans autre commentaire, à la Samoa, la société d'aménagement de l'île de Nantes. « C'est une première expérimentation de ce type en Europe », s'enthousiasme, pour sa part, François de Bonnières, gérant du centre commercial Beaulieu. « C'est probablement le plus gros projet de l'Ouest », fait remarquer plus sobrement Ronan Dantec, vice-président de Nantes-Métropole.
Une pépinière équipée
Quels que soient les qualificatifs utilisés, les projets de production d'énergie à partir du solaire, sont importants. Le premier concerne le centre commercial Beaulieu. « Sur la terrasse du nouveau parking silos de 680 places, qui sera livré fin 2006, des cellules vont être installées », explique la direction. En fait, les capteurs de cette centrale photovoltaïque majeure devraient être posés sur une plus grande surface : « Ils seront installés sur la toiture du bâtiment nouveau et de l'existant », confirme un proche du dossier. Soit quelque 30 000 m2, complète une autre source. Ce qui permettra de produire de l'électricité qui, remise dans le réseau général, pourra pourvoir aux besoins de quelque 500 foyers (1).
Mais ce projet de dix millions d'euros, qui devrait bénéficier du soutien de l'Europe (3 millions d'euros d'aide attendus), ne consiste pas à équiper le seul centre commercial. La future pépinière d'entreprises Ecotech, qui va être construite sur l'île de Nantes, utilisera aussi l'énergie solaire. Il en sera de même pour plusieurs bâtiments privés (qui pourraient produire de l'eau chaude) et pour le Foyer des jeunes travailleurs de Beaulieu, qui va profiter de sa profonde rénovation pour s'engager dans le photovoltaïque.
Ce projet pilote du programme européen « Concerto » (qui concerne aussi Hanovre, en Allemagne) est porté par Nantes-Métropole. Il devrait recevoir le soutien des autres collectivités territoriales. Ronan Dantec, élu des Verts, estime « qu'il servira, par son exemplarité, de levier pour créer une dynamique ». Le vice-président communautaire, chargé de l'environnement, espère que ces premiers programmes constitueront l'embryon « d'une véritable filière économique et de recherche nantaise sur les énergies non-fossiles ». L'autre étape consistant « à systématiser » ces techniques, « à faire du quantitatif ». En quelque sorte, à montrer que d'autres voies existent, hors l'épuisement accéléré des énergies fossiles...
Gaspard NORRITO.
(1) Hier, EDF ne confirmait pas nos informations : « Nous n'avons aucun projet majeur de ce type à Nantes et son agglomération dans l'immédiat », faisait remarquer le délégué régional.