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Centre commercial Beaulieu et ses abords

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Édition du mercredi 23 février 2005

Beaulieu, des prairies à perte de vue

L'île Beaulieu n'était que prairies inondables. C'était dans les années soixante. On confie à l'architecte Riehl l'aménagement de cette Zup, « Zone à urbaniser en priorité ». « Il y avait un besoin d'équipements », explique Georges Evano. L'architecte concepteur du palais des sports voisin du Tripode se souvient du défi que représentait ce quartier nu qu'il fallait habiller. « Passionnant. » Seul subsistaient une ou deux fermes. Refusant l'idée que, dans l'urgence, « on ait pu faire n'importe quoi », Georges Evano revoit ces bâtiments qui poussaient comme des champignons. Riehl, architecte en chef, travaillait avec toute une batterie d'architectes sur le projet Malakoff-Beaulieu. Evano était de ceux là.

La municipalité décide d'aménager ce quartier à l'est de la deuxième ligne de ponts (1) ressemblant à une île de Loire comme on en trouve en amont. Pour cela, il faut remblayer 120 hectares de terrain de 5 mètres. Pas moins de 4 000 000 de m3 de sable sont nécessaires. Il s'agit de créer « une nouvelle ville dans la ville ». Ce programme de grande envergure défini par la municipalité, la Société d'équipement de Loire-Atlantique (Sela) et l'architecte en chef prévoit du logement, des écoles, des loisirs et surtout... du tertiaire. Une dizaine de milliers d'emplois de services sont prévus.

« Il faut faire circuler l'automobile »

Des bâtiments « parachutés, sans cohérence d'ensemble », selon Georges Evano : le centre commercial Beaulieu, le Conservatoire de Région, les studios de l'ORTF (qui deviendront France 3)... « Dans les premiers plans, un grand boulevard ceinture l'île le long de la Loire. » Une « erreur », pour l'architecte. « On est allé pleurer pour le supprimer. On nous a traités de passéistes. Il faut faire circuler l'automobile, nous disait-on. » Finalement, le grand boulevard initial s'arrête avant la pointe de l'île. La municipalité Chenard ne le prolongera pas.

C'est dans ce quartier où monte peu à peu le béton que de grands services de l'État et de grands services bancaires s'installent. Un petit « quartier d'affaires », déjà.

(1) Elle relie le champ de Mars (cité des congrès aujourd'hui) à Beaulieu.

Ouest-France

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