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L'aménagement de l'île de Nantes

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Édition du samedi 28 juin 2008

Béghin-Say : la raffinerie en sursis pour 6 mois

Encore six mois d'attente. Le sort des 180 salariés de la raffinerie de sucre est lié à la restructuration mondiale actuelle des sucriers. Les syndicats sont très perplexes.

Pourquoi la raffinerie de sucre ex Béghin-Say est menacée ? Elle ne raffine actuellement que 120 000 tonnes de sucre de canne alors que l'usine peut en produire le double, voire le triple. « Le site de Nantes est déficitaire depuis deux ans et nous cherchons des solutions », a rappelé, hier le président du groupe Téréos, Philippe Duval. Pourtant, les produits la Perruche en sucre roux sont leaders sur le marché.

Comment cette situation est arrivée ? La planète connaît actuellement un excédent de sucre et au niveau de l'Europe de nombreuses réformes sont intervenus. Celle de 2006 a mis un coup de frein à une production en Europe et a limité les importations. Téréos, par exemple, est producteur de sucre de canne au Brésil mais ne peut exporter ce sucre pour le raffiner à Nantes. De plus, les excédents ont fait chuter les prix du marché. Un contexte difficile aux deux bouts de la chaîne. Et avec des réglementations européennes ou des droits de douane qui doivent diminuer, rien ne va pas dans le bon sens pour la France.

Pourquoi la décision sur le devenir du site est retardée ? Le président du groupe Téréos pense qu'actuellement, et à cause de la crise, le paysage de la production sucrière bouge. En Espagne, l'acteur principal Ebro est à vendre. D'autres producteurs en Scandinavie ou au Danemark abandonnent des productions. Ces restructurations peuvent peut-être ouvrir des opportunités pour récupérer des marchés. D'où l'attente des six mois.

Quelles sont les décisions possibles ? La fermeture pure et simple ou la continuation avec, à la clef, « un plan d'investissement de 10 millions d'euros le cas échéant si la production repasse la barre des 250 000 tonnes », a avancé le directeur du site Nantais, Jean-Yves Delamare. En revanche, l'hypothèse de ne garder que le conditionnement ou que la raffinerie est complètement exclue à ce jour, a annoncé Philippe Duval.

Le site de Nantes est-il encore adapté à cette activité ? Oui, avec les investissements annoncés. Sa situation sur l'Île de Nantes n'est pas remise en cause. Les bateaux déchargent actuellement à Cheviré et l'acheminement s'effectue sans problème. Une hypothèse de barges depuis Montoir-de-Bretagne peut aussi être étudiée. Et le président de Nantes Métropole Jean-Marc Ayrault a apporté son soutien dans la recherche de solutions pour maintenir le site en activité. Les cinq hectares sur l'Île de Nantes ne sont pas convoités pour d'autres destinations.

Des syndicats très perplexes, voire pessimistes. La CFDT, majoritaire, ne peut que noter « une incertitude et des inquiétudes supplémentaires pour leurs emplois » et de penser que cette « étape en plus n'apporte, encore une fois, aucunes réelles garanties. » De son côté la CGT va plus loin. Pour Patrick Janin, « il y a de quoi être pessimiste. Hier, on attendait le contrat de l'Île Maurice. Aujourd'hui, que les acteurs internationaux cèdent ou cessent des productions. Notre sort est donc lié aux actes de l'anglais Tate and Lyle ? Vraiment pas encourageant. »

Élisabeth BUREAU.

Ouest-France

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