Édition du mardi 10 avril 2007
Bienvenue à Gueugnon, welcome in Créteil...
Cela fait partie des histoires que se racontent les journalistes, pour se faire peur ou se remonter le moral, on ne sait pas. Un jour, avant match, deux collègues entrent dans une librairie (enfin, la librairie), de Gueugnon. 10 000 âmes à tout casser, l'usine Uginor, le stade au bout de la grande rue. Point. Ils regardent les bouquins en vente. Feuillettent des revues. La libraire intervient : « Vous êtes journalistes ? » Regard interloqué, question : « Oui. Mais comment vous avez deviné ? » « Oh, bah à chaque fois qu'il y a un match à Gueugnon, les journalistes viennent ici. Ils ne savent pas quoi faire d'autre... » C'est authentique, et révélateur. Le stade Jean-Laville, rue Roger-Couderc, a son charme désuet, intimiste. C'est le lieu de sortie du week-end, même quand les matches ont lieu le vendredi. Les rangs y sont plus clairsemés quand il fait des moins 10. Ah, un Gueugnon - Libourne, en février... Les joueurs y connaissent parait-il les spectateurs par leur prénom.À dire vrai, la L2 a quand même pas mal changé. Même le stade Gaston-Petit de Châteauroux a vu défiler des grands noms, des chaudes ambiances. Il est un club, pourtant, qui se préserve de tout enthousiasme. Créteil. Ah, Créteil. Son périph', ses tours. Son stade Dominique-Duvauchelle, au milieu des immeubles... Sa piste d'athlétisme, en tout point remarquable. Elle tisse entre les joueurs et les spectateurs (rarement plus du millier) un vaste vide sanitaire. De loin, on peine à voir les roulettes et autres gestes de classe. Ils sont rares, remarquez.Il y a pourtant quelques bonnes nouvelles. Les promus du National sont pour l'heure Clermont-Ferrand, Boulogne (un public du Nord) et Angers. Ça fera un derby. Cela aurait pu être le Paris FC, Louhans-Cuiseaux, Beauvais... L'autre bon point, c'est que les quiz de milieu de soirée autour des noms de stade vont retrouver du piment. Vous en connaissez déjà trois nouveaux...Dominique FAURIE.
Ouest-France