Édition du mercredi 06 juin 2007
Bolloré dans la danse, Payet pas encore Vert
Prévue hier, la signature de Payet à Saint-Etienne a été suspendue. Un coup de Trafalgar en possible relation avec le processus de reprise du FCNA.
Tout semblait quasiment ficelé. Les deux clubs étaient en phase sur les modalités du transfert et le prix à payer. Le joueur a satisfait mardi matin à la nécessaire visite médicale. La conférence de presse était annoncée par l'AS Saint-Etienne... et pourtant Dimitri Payet n'est pas encore un Vert. « Le dossier n'a pas avancé. La situation est la même qu'hier et qu'avant-hier », a juste concédé le joueur, joint dans la soirée.L'agent du meilleur passeur nantais de la saison, Jacques-Olivier Auguste, fait état de « deux ou trois choses encore à finaliser qui font que nous ne sommes pas 100 % d'accord. Le contrat sera envoyé au joueur dans les prochains jours. Il le renverra signé. » Car Dimitri Payet n'a pas l'intention de différer son départ en vacances. En l'occurrence son retour au Pays. Son vol pour La Réunion est prévu en cette fin de journée. Et s'il doit signer un nouveau contrat, il le fera de son île natale.Mais le veut-il ou plus exactement le peut-il ? Autrement dit, le bon de sortie accordé au Réunionnais par le président Rudi Roussillon est-il toujours valide ? Pas sûr ! Il se dit, en effet, que c'est le club nantais qui a provoqué le report de la signature. Et pas pour une surenchère de dernière minute ou une divergence d'appréciation sur les clauses du transfert, assurent certains proches du dossier.Ce coup de Trafalgar renvoie tout simplement aux discrètes manoeuvres qui n'en finissent plus d'alimenter la chronique de la vente du FCNA. Discrètes ne signifie pas timides. Car le processus de reprise du club nantais est aujourd'hui dans sa phase décisive. Et à ce stade, plus que jamais, la confidentialité des tractations est de rigueur. Dès lors, toute tentative de vérification des informations se heurte à des silences ou à des démentis convenus.D'aucuns, pourtant, croient pouvoir lier la suspension de la signature de Dimitri Payet au bas de son contrat stéphanois à une intervention du repreneur du FCNA. Un candidat au rachat suffisamment avancé dans le processus pour qu'il puisse peser dans des décisions engageant l'avenir. Simple hypothèse, voire pure élucubration commenterait probablement Rudi Roussillon s'il ne se refusait à répondre aux sollicitations d'Ouest-France.Mais l'hypothèse est tentante, surtout si l'on considère que les acteurs identifiés du processus et notamment le dernier en date, Daniel Derichebourg, sont plus que jamais dans la course.Mais nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que Derichebourg et Dassault ont trouvé un accord. D'autant moins que nous pouvons révéler, aujourd'hui, le nom du candidat de gros calibre estampillé « société coté au CAC 40 » que nous présentions comme un acteur du processus de reprise du FCNA dans notre édition du 1er juin.Vincent Bolloré et son groupe se sont, en effet, invités à la table des négociations. Le milliardaire breton (celui qui a invité le Président Sarkozy sur son yacht au large de Malte) et Serge Dassault se seraient rencontrés. Les financiers des deux groupes auraient planché sur le dossier. Mais le milliardaire breton ne serait peut-être plus en course...Info ou intox ? Ne doutons pas qu'au mieux un cinglant démenti sera apporté. Le groupe Bolloré et le groupe Dassault ont la culture du secret-défense. Seuls les évenements des prochains jours permettront à chacun d'y retrouver leurs petits. M. F.
Ouest-France