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Coupe de France : fin de l'aventure pour Carquefou

Édition du lundi 04 février 2008

Carquefou, fol exploit face aux nantis de Nancy

Hier, chants triomphants pour des footeux talentueux et irrespectueux des hiérarchies. En route vers les 8e de finale de la Coupe de France.

Mais qui est qui ? Qui sont donc ceux qui talonnaient, voilà encore peu, l'écurie vrombissante lyonnaise ? Qui sont donc ceux qui, habituellement, s'en vont galoper sur les vertes prairies campagnardes ? Qui sont les Nancéens ? Qui sont les Carquefoliens ? Les blancs, les rouges ?

Les déliés des dribbleurs, les envolées des ailiers, les frappes des tirailleurs... n'éclairent pas le doute. Pour l'observateur chercheur d'identités en ce dimanche de 16e de finale de Coupe de France au stade du Moulin-Boisseau, la différence ne se voit pas, elle s'écoute : les rugissements, les clameurs au coeur gros d'espoir enveloppant toujours les mêmes, les « blancs », donc les Carquefoliens.

Lufti Zebidi, le milieu facétieux, nous avait prévenus : « Les Nancéens, on va les harceler. » Le jeune homme aime tenir parole. En cet après-midi où les banderoles volent au vent frisquet, il veut ratatiner les barricades, se déjouer des herses plantées par les « pros », prendre sa Bastille. La lutte des classes inversée : les blancs contre les rouges. La fin des privilèges, de ceux qui donnent toujours droit aux grands, aux nantis de Nancy par exemple, de faire les gros et beaux titres.

Delanoë à la 101e minute

Pour voir cette révolution footballistique, Sylvain Armand, l'ancien footeux nantais émigré au PSG, est là. La sénatrice Gisèle Gautier qui a enroulé son cou de l'écharpe verte (la couleur officielle du club local), aussi. Et dans les tribunes, ce supporteur barbu qui hurle : « Les blancs, c'est fini l'entraînement. » Le barbu a la dent dure.

En face, les djembés des perruques vertes résonnent comme une mise à mort annoncée. Le temps passe et, pourtant, nul ne trépasse. Craque Carquefou, semble implorer Pablo Correa, l'entraîneur des Rouges, pas diables.

Puis vient ce moment où tout bascule. Cette 101e minute. Ce but de Delanoë. Ce but et ces premières larmes sur les joues fraîches de cette femme. Ce but que l'on n'attendait plus, que cette caméraman a bien failli louper. Delanoë, « réchauffeur » de corps et âmes endoloris par la crainte des rêves perdus. Puis l'égalisation, « injuste ».

Et soudain, sorti d'un conte improbable, le second but carquefolien. A la 117e minute. Signé du « guide » Le Paih qui, plus tard dans la soirée, dira : « A cet instant, c'est tellement beau que tu dégoupilles, tu ne sais plus où tu habites. » Et des larmes douces, des chants triomphants, des applaudissements bouillonnants. Et des journalistes partout, devant, derrière, à gauche, à droite. Vous interviewant comme des « pros ». Leur jour de gloire est arrivé...

« Nous sommes des privilégiés », avoue Le Paih. Jusqu'où iront ces Carquefoliens ? Jusqu'à la lutte finale au stade de France ?

Jean-François MARTIN.



Ouest-France

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