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Chais, entrepôts, cuveries : les 5,5 hectares de bâtiments devront « s'effacer » dans le paysage. Le groupe bordelais promet d'enterrer son usine de 7 m dans le coteau qui longe la voie rapide Nantes - Cholet. : Image Losada-Rocher architectesNotre principal parti, c'est de s'effacer dans le paysage pour provoquer le moins possible de gênes aux riverains. » La mission de l'architecte du projet Castel, Rafaël Losada, est ambitieuse : le groupe viticole bordelais, n° 1 français avec 320 millions de bouteilles, a prévu de construire un centre de vinification, d'embouteillage et de logistique de 55 000 m2 sur 10 hectares plantés de vignes à La Chapelle-Heulin (Presse Océan des 28 juillet et 4 août).
L'usine, la plus importante du genre en Europe selon Castel, doit réunir les activités de la société Friedrich à Rezé et du négociant Sautejeau-Beauquin à La Chapelle-Heulin qu'il a absorbés au début de l'été. Les travaux pourraient commencer début 2008 pour 12 à 18 mois. Une fois obtenu le feu vert de la préfecture.
Soumis à autorisation au titre des installations classées, le projet en est au stade de l'enquête publique. Et il suscite l'inquiétude des riverains.
150 camions-citernes par jour
Extension du site actuel de Sautejeau-Beauquin, l'unité, capable de produire 200 millions de bouteilles avec 150 salariés, sera dix fois plus importante que l'entrepôt sorti de terre l'an dernier et déjà bien visible le long de la voie rapide Nantes - Cholet. À 80 m des premières maisons du village de la Cognardière, elle générera deux fois plus de trafic routier, soit 150 camions par jour.
Les deux cents habitants de ce hameau du Pallet craignent le pire : « Ça fait un passage toutes les trois minutes. » « Le problème est indéniable », avoue Adolphe Touscher, le directeur industriel de Castel. Le groupe plaide avec les élus locaux auprès de l'État pour un nouvel échangeur sur la RN 249, à hauteur des Avenaux sur la départementale 69. En attendant, il supprime l'accès par le hameau pour réaliser une voix d'accès propre.
Castel promet aussi d'« enterrer » son unité de 7 m dans le coteau, doublés d'un mur de terre. « On ne verra pas la façade du village », assure l'architecte qui a dessiné le prolongement du bois de haute futaie pour isoler les maisons par un mur de végétation. Même logique d'intégration pour la ligne haute tension et la canalisation qui doit rejeter les eaux dans la Sèvre plutôt que les marais de Goulaine : tout sera souterrain.
Avec la station d'épuration capable de retraiter les 200 m3 consommés quotidiennement par l'unité, Castel met 5 millions d'euros dans les aménagements liés à l'environnement, pour un investissement total de 25 millions d'euros. L'objectif ? « Faire une industrie digne de représenter un produit alimentaire. » Le vin, essentiellement de Loire.
Ophélie Lemarié