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Claude Poulmarc'h (à droite) mercredi soir à Mangin avec Frédéric Dole : « Au début de la saison, on était conscients de nos possibilités. On ne savait pas si on allait monter, mais on savait qu'on avait un groupe capable de rivaliser avec les meilleurs. » : Photo Arnault Cantreau« Non. On a peut-être eu un peu de réussite, mais je pense que la réussite il faut aller la chercher. Ça veut dire qu'on a su mettre toutes les chances de notre côté pour arriver à ce résultat. »
Depuis quand ?
« C'est un travail qui a commencé il y a une dizaine d'années, juste après la montée en N2. Le président de l'époque, Jean-Paul Laleouse, le trésorier, Gaël Pelletier, et moi-même (j'étais secrétaire général), nous nous étions fixés d'amener le club dans l'élite. Un club qui fait de la formation, qui a une implication dans les écoles et dans les quartiers sensibles de la ville. On a travaillé là-dessus très progressivement, sans brûler les étapes, surtout sans mettre les résultats de l'équipe 1 avant la structuration du club. »
«On était conscient de nos possibilités»
Et puis tout s'est accéléré ces trois dernières années avec la montée en D2...
« Peut-être, mais même quand on est monté en D2, on ne s'est pas précipité. On s'est dit : la première année, c'est pour apprendre, pour voir comment construire ensuite. »
C'est-à-dire ?
« Dès la première saison en D2, on avait un très bon groupe. À la fin, on a recruté de façon à ne pas le déséquilibrer. À l'issue de la deuxième année, le groupe était presque mûr, il ne manquait pas grand-chose, juste deux ou trois petits trucs, pour y arriver : un homme d'expérience qui pouvait apporter son vécu de joueur, mais aussi porter un regard sur nos fonctionnements, et un régulateur de jeu sur la base arrière. Ces hommes-là, on les a trouvés avec Frédéric Dole et Danilo Drobjanovic. »
Un recrutement qui vous a obligé à dévoiler vos ambitions...
« À la reprise, on a annoncé clairement que nous avions un groupe capable de jouer les premiers rôles. Nous avions également dit que nous n'étions pas les seuls à pouvoir les jouer. Je pensais même qu'il y avait au moins huit équipes. Mais, en tout cas, on ne l'a pas joué à la Guy Roux. On était conscients de nos possibilités. On ne savait pas si on allait monter, mais on savait qu'on avait un groupe capable de rivaliser avec les meilleurs. »
«J'avais confiance dans le staff technique»
Ce qui s'est très rapidement vérifié...
« En étoffant le groupe, on a réussi à le rendre homogène, ce qui lui a permis d'encaisser les blessures de Danilo (Drobjanovic) et Mickaël (Sincère). »
C'est pour ça qu'à ce moment-là vous n'avez pas recruté un joker ?
« On a cherché un moment parce qu'on ne savait pas comment le banc allait réagir. Mais très vite il a pris sa place. On a vu des garçons comme Marsal, Verdier prendre très rapidement leurs responsabilités et faire oublier qu'on avait perdu deux joueurs d'importance. »
N'avez-vous pas eu, alors, un peu peur ?
« J'avais confiance dans le staff technique pour maintenir le groupe à niveau, tant au niveau de la préparation technique et mentale de l'entraîneur, qu'au niveau physique, avec Alan Albert, le préparateur. Je pensais que le groupe était encore capable de rivaliser avec les meilleurs. À vrai dire, notre seule crainte était que se produise une nouvelle catastrophe, à savoir un ou deux joueurs blessés. Là, on aurait été très mal. »
«Une course par élimination»
Est-ce qu'à un moment, vous vous êtes dit : ça sent bon ?
« Il n'y a jamais eu de déclic. En fait, il y a eu une course par élimination. Nous, on a maintenu notre rythme et notre rang. Ce sont les autres clubs qui ont petit à petit lâché, voire qui n'ont pas répondu dès le départ, notamment Dijon. Au contraire de Vernon qui a fait un très bon départ avant de s'écrouler. »
« Cela dit, en fin d'année dernière, on s'est quand même dit qu'on était plutôt bien parti. On a alors commencé à réfléchir à la situation induite par une montée. »
Donc à l'évolution des structures du club ?
« On voulait mettre en place quelque chose qui consiste à identifier de manière très précise ce qui relève du professionnalisme, ce qu'on a appelé le secteur performance, du reste de l'association, sachant qu'on restait sur une structure juridique unique. Mais avec une délégation donnée au secteur professionnel, donc autonomie de gestion et de décision. »
Honnêtement, ces changements étaient-ils nécessaires ?
« Au fur et à mesure que l'on a évolué dans notre construction, on a vu que l'investissement de chacun en tant que bénévole avait ses limites et que, petit à petit, le rôle des administrateurs n'était plus de faire mais plutôt d'organiser et définir les priorités politiques et les faire appliquer par des professionnels. En terme de compétences, de temps, il vaut mieux s'appuyer sur des pros que sur des bénévoles qui, aussi compétents et engagés soient-ils, peuvent trouver des limites facilement. »
L'aboutissement : «Bâtir un grand club»
La mise en place du secteur performance est une étape décisive dans la « professionnalisation » du HBCN, mais elle n'est pas la première...
« En effet. On avait commencé avec l'arrivée de Stéphane Moualek puis d'un directeur technique (Gregory Cojean), avec l'ambition de le voir devenir directeur du centre de formation. Ça a été suivi du marketing, de la relation avec les partenaires (externalisée). Enfin, il va y avoir très prochainement d'un responsable administratif et financier. »
Personnellement, n'avez-vous pas eu l'envie de prendre en charge le secteur performance ?
« Mon projet pour le « H », c'était d'en faire un grand club. Ma mission est toujours là-dedans. Le haut niveau, c'est une partie très importante, mais ça n'est pas tout. Je suis d'avantage attaché à la globalité de fonctionnement du club qu'à un secteur particulier. Et puis, je ne suis pas sûr d'avoir les capacités en temps et en réactivité pour m'occuper du secteur performance, ainsi que les envies de gérer certains problèmes, alors que Gaël (Pelletier) était disposé à prendre ces engagements-là. »
« L'aboutissement de mon projet, ce n'est pas uniquement de voir l'équipe 1 en D1, mais de bâtir un grand club. Et là, il y a encore du travail. La montée n'est qu'une grosse étape. Si on veut se maintenir dans l'élite. Il faut que le club continue à grandir dans toutes ses dimensions. »
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