Coupable d'agressions sexuelles dans un parc
Justice. Détenu depuis les faits, reconnus, il a pris 18 mois de prison ferme, hier. Il était jugé pour deux agressions sexuelles sur des mineurs.
« Malheureusement, oui, je suis attiré par les enfants. » C'est l'aveu de Gilles Féchant, un facteur de 51 ans au casier néant, dans le box du tribunal, hier. Il est à la maison d'arrêt de Nantes depuis début septembre 2007.
Le 30 août, dans un parc de Bellevue, cet homme jetait son dévolu sur un garçon de 7 ans. Qui a déclaré : « Le monsieur m'a enlevé le maillot de bain. » Un geste suffisant pour que Gilles comparaisse pour « agression sexuelle imposée à un mineur ». La mère du petit, dès le début de l'audience, a dû quitter la salle, en larmes.
« Je suppose que j'ai eu une pulsion à ce moment-là », dit le prévenu.
Le 1er septembre, même lieu, même délit, autre victime. Une enfant de 4 ans, cette fois. Elle jouait quand l'homme lui a glissé qu'elle avait « une jolie culotte. Il a mis un doigt (sur mon sexe). »
Entendu par la suite, Gilles s'était largement confié : « La vue des enfants me stimule. Le plus souvent, je touche des garçons. L'été, j'ai plus de pulsions que l'hiver. Les tentations sur Nantes étaient grandes. J'ai opéré régulièrement. » Le président du tribunal, Alain Reynaud, n'a qu'un adjectif à la bouche : « C'est inquiétant. »
L'intéressé se voit également reprocher ce fait délictuel : « corruption de mineur de 15 ans » durant les huit premiers mois de l'année dernière. De jeunes garçons non-identifiés montraient leurs sexes à Gilles, qui leur donnait de l'argent : « 50 centimes d'euros » sont évoqués. Et, parfois, il les touchait.
L'avocate de la mère du petit garçon, Me Pellen, raconte que celle-ci « a perdu, pendant très peu de temps, de vue son enfant. Elle ne retourne plus du tout au parc de Bellevue. »
« On est chez un pédophile qui se reconnaît comme tel », affirme le procureur. Avant de requérir « 18 mois de prison ferme, et un suivi sociojudiciaire à hauteur de cinq ans l'astreignant à suivre des soins ».
Cet « homme seul et honteux », dixit la défenseure, Me Gosselin, est condamné à cette peine-là. Et à verser 7 000 €, en tout, aux parties civiles. Il reste en détention.
Ouest-France