Création d'activités : chasse aux talents dans les quartiers
« Dans les quartiers dits difficiles, il existe des diamants à l'état brut qui ne demandent qu'à s'exprimer », observe Thierry Frère, le patron de C3 Consultants.
Depuis deux mois, le cabinet C3 Consultants repère et accompagne des jeunes des quartiers sensibles vers la création d'entreprise dans le cadre du plan « Espoir banlieues ».
Ils nourrissent le projet de créer ou de reprendre un atelier de couture, une entreprise de carrelage, une agence immobilière, un négoce de fruits et légumes, un bar-brasserie... Leur point commun : habiter dans une Zone urbaine sensible (ZUS), à Bellevue, à Malakoff, aux Dervallières...
Depuis quelques semaines, le cabinet de stratégie et de ressources humaines C3 Consultants, basé à Saint-Herblain, accompagne ces jeunes des quartiers prioritaires. Son objectif : les aider à concrétiser leur projet. Le dispositif, intégré au plan « Espoir banlieues », conduit par Fadela Amara, la secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville, est testé uniquement dans l'agglomération nantaise. « Cet accompagnement est prévu sur un an maximum. Il vise à donner de vraies chances de réussite », observe Thierry Frère, le gérant de C3 Consultants.
L'envie de se battre
D'ici juin 2009, le cabinet est chargé de détecter quarante jeunes de 18 à 30 ans. En moins de deux mois, il en a déjà ciblé une dizaine. « Il s'agit d'une chasse aux talents, résume Thierry Frère.
Dans ces quartiers difficiles, il existe des diamants à l'état brut qui ne demandent qu'à s'exprimer. Ce sont rarement les riches qui font bouger la société, plutôt les gens dépourvus de gros moyens qui ont envie de se battre pour réussir ».
C3 Consultants a vocation à identifier et à exploiter ces potentiels, à l'heure où de nombreux chefs d'entreprise s'apprêtent à prendre leur retraite sans avoir toujours préparé leur succession. « Les jeunes des quartiers sont les créateurs d'emplois de demain ».
Apprendre à convaincre
Les futurs entrepreneurs sont accompagnés tout au long de leur projet. « Nous les aidons à franchir les étapes de la reprise ou de la création d'entreprise », témoigne Béatrice Jubien, l'une des responsables du programme. « Nous les mettons en relation avec un tissu de partenaires : institutions, associations d'aide à la création d'entreprise, professionnels (banquiers, experts-comptables...). Ils doivent apprendre à les convaincre de la pertinence et de la qualité de leur démarche ».
Certains possèdent déjà les qualités d'un manager, d'autres doivent encore les acquérir. « Nous n'aurons pas automatiquement 100 % de réussite, mais nous devons démontrer que ce dispositif peut fonctionner », souligne Thierry Frère.
Denis Bourdeau
Presse-Océan