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Long de 139,30 mètres, le « Spirit of adventure » a fait une escale remarquée hier, entre 9 h et 14 h, sur le quai Wilson. Autre motif de cette désaffection : le manque d'infrastructures. « Les bateaux n'appréciaient pas forcément d'amarrer quai Wilson au milieu des tas de ferraille », ajoute Patrice Kergadallan. Depuis deux ans, les dernières marchandises qui accostaient sur l'Île de Nantes ont migré en aval de la Loire, sur le site de Cheviré. Le quai Wilson profite des aménagements de l'île. Et la destination a su valoriser ses nouveaux attraits touristiques.
Un long travail en amont
Si Nantes ne peut rivaliser avec un port comme le Havre, les conditions semblent désormais réunies pour permettre à la ville de rattraper en partie son retard. Ces dernières années, le port autonome de Nantes - Saint-Nazaire, l'Office de tourisme et les collectivités locales se sont jointes à l'association Accueil des paquebots pour travailler main dans la main. « On a beaucoup sensibilisé les élus pour favoriser les conditions d'accueil. Et on a fait de la prospection commerciale auprès des armateurs », explique son président.
Le travail est de longue haleine. Accueillir un bateau signifie veiller à la sécurité du bateau, permettre son amarrage dans de bonnes conditions ou alimenter le paquebot en eau douce. Toute une logistique que se charge d'assurer la multitude d'acteurs.
Avant toute arrivée, le port autonome assure le dragage de la Loire, via la capitainerie. Des pilotes de Loire prennent les commandes du bateau dans l'estuaire. Une fois à quai, les acteurs touristiques prennent le relais. Une agence de voyage propose des excursions le temps de l'escale.
Hier, près de 300 passagers du Spirit of Adventure ont profité d'une visite de Nantes, de Guérande ou de Clisson. Parmi les retombées financières sur la ville, Laurence Paitel, responsable croisière au service commercial du port autonome, note qu'« un passager dépense, en moyenne, dans les ports européens, entre 80 et 90 € par excursion ». Mais l'objectif des escales est avant tout, pour Nantes, une question d'image. Dans un port anciennement occupé par les chantiers navals, le tourisme maritime renforce l'idée d'une ville tournée vers l'Atlantique. Et constitue une autre manière de promouvoir la ville. L'an prochain, l'association Accueil des paquebots espère accueillir une dizaine de bateaux.
David Prochasson