La saison 2007-2008 du FC NantesAu Sco, ils sont trois à être passés sur les bords de l'Erdre. L'entraîneur Jean-Louis Garcia, bien sûr. Mais aussi Dehis Ahou et surtout David Leray, qui fit toute sa formation à La Jonelière. Arrivé à 13 ans de son pays de Retz. Pur enfant de Loire-Atlantique, donc. C'est là, au FCNA d'alors, qu'il remporta, en 2002, la coupe Gambardella devant Nice (1-0). C'est là qu'il signa aussi son premier contrat professionnel. Ses copains d'entraînement s'appelaient Dimitrijevic, Faé, Drouin, Glombard... Et il s'entraîna sous la houlette de Serge Le Dizet ou de Loïc Amisse. Des noms comme des repères d'un temps qui n'est pas si lointain.
À Nantes, David Leray fit donc toutes ses gammes. Neuf années à la fameuse école. « J'en suis bien entendu toujours imprégné. C'était un jeu totalement axé sur la vivacité et surtout sur le collectif. On nous apprenait qu'individuellement, nous n'étions rien. Mais que la force venait de l'équipe. C'était un peu particulier mais cela reste tout de même les bases. »
Des bases qu'il a conservées. Car ce défenseur discret, posé, sait se mettre au service des autres. Sans esbroufe, ce n'est pas le genre. « C'est un pro. Consciencieux. Rigoureux. Avec un état d'esprit extra, dit de lui son entraîneur, Jean-Louis Garcia. Il doit encore progresser au niveau athlétique pour gagner en puissance et mieux enchaîner les rencontres. Car il sait faire appel à l'intelligence de jeu. » Depuis la blessure de Kouassi, Leray a gagné en temps de jeu. 2 003 minutes pour 27 matches en Ligue 2. Avec aussi deux réalisations à la clé. Celui d'une égalisation à Sedan, puis l'ouverture du score contre Niort, un but victorieux... trois minutes seulement, les Chamois égalisant dans la foulée, après une échauffourée.
Voilà pour les faits d'arme offensifs d'un défenseur de coeur. « J'aimerais bien un jour marquer un but qui gagne », soufflait-il à l'époque. Contre Nantes peut-être ? « Avant de penser à cela, il faudra surtout s'attacher à défendre. Car collectivement, c'est une équipe qui a retrouvé ses marques et qui est forte. Il y a beaucoup de qualité chez eux. » Pour David Leray, qui affrontera pour la première fois les Nantais en compétition depuis son départ, le débat aura un petit parfum particulier. « Un peu simplement. Car c'est juste un match à trois points. » Il retrouvera à l'occasion Da Rocha, Heurtebis, Bagayoko, qu'il a fréquentés du côté de la Beaujoire.
Un stade où il n'a pas pu évoluer, lors du match aller. « J'étais contrarié. Parce que j'avais joué tous les matches auparavant et je m'étais blessé contre Châteauroux, deux rencontres avant. » Un sale truc, une pubalgie qui l'enquiquina longtemps. Il suivit donc le match des tribunes. Frustré. Et il reprend. « Ce soir, cela devrait être une belle fête. Les supporters nous ont toujours soutenus. On a donc le devoir de faire un gros match. » Et les oppositions de haut niveau, David Leray connaît. Sous le maillot nantais, il en a disputé tout de même, en deux saisons, 27 en Ligue 1. Ce qui n'est pas rien.
Jean-François CHARRIER.