Édition du samedi 14 avril 2007
Delhommeau : « la différence ? l'engagement »
L'ex-Nantais et aujourd'hui Messin ponctue notre série de témoignages. Avec réserve, mais pertinence...
Après 13 saisons passées à Nantes, entrecoupées par un bref passage à Lorient (Ligue 1), Pascal Delhommeau a signé pour trois ans à Metz en juillet dernier. Pour le défenseur originaire de Château-Thébaud, l'arrivée en Lorraine signifiait la découverte de la Ligue 2. Neuf mois plus tard, celui qui a longtemps été le bouc émissaire des mauvais résultats du FC Nantes, qui en avait fait un paria, ne le convoquant même pas pour le stage en Autriche. Lui qui, sans prétendre à une place de titulaire qu'il ne méritait d'ailleurs pas sur ses performances, avait rendu bien des services. Lui qui a aussi été conspué par son propre public, pourrait croiser, dans l'ascenseur, son ancien club. L'histoire se distingue parfois par ses clins d'oeil perfides... « Je ne veux pas parler de la situation actuelle du FC Nantes, prévient-il. Dans ma situation, ce serait trop facile. » En clair, pas question d'enfoncer un club où il a encore de nombreux copains (« Da Roch'et Nico Sav'»), où il s'est forgé de solides amitiés (« Micka et Jérémy Toulalan, mon meilleur pote, qui me chambrent depuis Clairefontaine quand ils sont en sélection »), ni de railler une ville où habitent encore ses parents, son frère et sa soeur, parce que lui vit une situation sportive nettement plus confortable et enviable. En effet, l'homme apprécie la Ligue 2. « D'abord parce que si je suis certes parti au niveau inférieur, avoue-t-il, j'ai rejoint Metz, un club qui venait de descendre et qui était présenté comme l'un des favoris pour une remontée directe. Donc le risque était moindre. Ensuite parce que tout se passe bien. Je joue l'accession et je joue souvent. J'en parle avec les anciens Nantais qui jouent en Ligue 2. Pas plus tard que lundi soir, j'ai retrouvé David (Leray), après avoir revu Denis (Stinat) à Brest ou Shiva (N'Zigou à Reims) et Gregory (Lorenzi, défenseur de Bastia) cette saison. On a tous été formés à Nantes, où ça s'est bien passé pour la plupart. Donc on ne va pas se réjouir des difficultés du FCNA aujourd'hui. »Cependant, la Ligue 2, même quand on joue les premiers rôles, ce n'est pas toujours rose. « Ce qui change énormément, ce sont les stades. Notre premier déplacement, c'était à Gueugnon. Pas le plus sympa... Celui que je préfère, c'est Caen. Un stade à l'anglaise. Et puis après, il y a le jeu. La grosse différence avec la Ligue 1, c'est l'engagement. La première semaine, je n'ai pas tout compris ! Tout le monde se rentrait dedans de partout ! Il faut se réadapter. Techniquement, ce n'est pas la même chose. Il y a davantage de duels, de contacts. »Du coup, les entraînements sont marqués du sceau des spécificités du championnat. « On bosse plus en effet sur cette dimension physique. Pas dans le sens résistance à l'effort et capacité à enchaîner des matches, mais dans celui de répondre présent au défi physique. » Et ça marche à Metz, où la Ligue 2 rime, pour les joueurs, avec heureux... Raphaël BONAMY.
Ouest-France