Des audits pour prévenir les irrégularités sur le site Aker Yards
Eric Breux, le nouveau directeur des ressources humaines et de la communication du site naval et Christophe Mabit, en charge des relations sociales, expliquent les modalités du dispositif de surveillance.
La grève de la faim engagée depuis 13 jours par les trois ouvriers grecs d'un sous-traitant de sous-traitant d'Aker Yards met en lumière le complexe canevas des « coréalisateurs » présents sur le site naval.
La direction d'Aker Yards a mis en place en 2006 un dispositif d'audits de contrôle destiné à déceler les éventuelles irrégularités chez leurs 700 « coréalisateurs ». Parmi ces sociétés et entreprises sous-traitantes, 400 dépêchent régulièrement et surtout durablement du personnel à Saint-Nazaire, certaines autres installant un équipement pendant deux ou trois jours seulement.
Salariés et employeurs interrogés le 2e mois
Depuis la reprise des Chantiers de l'Atlantique par le constructeur de navires norvégien Aker Yards, un système accru de contrôles a été mis en place pour éviter la survenance de conflits sociaux, toujours extrêmement dommageables pour l'image de la construction navale et de la ville de Saint-Nazaire.
« Notre système d'audit social a pour objectif d'interroger un échantillon de salariés et leurs employeurs, sous-traitants de rang 1 et 2, voire de rang 3, indique Eric Breux. Ces questions sont posées au cours du 2e mois de présence, de manière à pouvoir contrôler l'existence des bulletins de salaire, mais aussi la conformité des contrats de travail » (signés ; poste de travail dûment expliqué notamment en matière d'équipements de sécurité ; conditions d'hébergement et de nourriture, etc.).
140 entreprises auditées en deux ans
Dans la semaine qui suit, c'est au tour des employeurs de passer sur le gril : « On pose sensiblement les mêmes questions qu'aux salariés, précise Christophe Mabit, ce qui permet de déceler certains écarts. On signale alors à l'employeur les non conformités et on l'incite, selon les cas, à se mettre en rapport avec un avocat ou à prendre conseil auprès d'un cabinet comptable, notamment en ce qui concerne les problèmes inhérents aux bulletins de salaire ».
Ainsi, « ce sont environ 140 entreprises qui ont été auditées au cours de ces deux dernières années, informe Christophe Mabit. Sauf à devenir inspecteur du travail, mais je crois que ce n'est pas notre rôle, nous privilégions la prévention pour justement prévenir les risques de difficultés ».
Franck Labarre
Presse-Océan