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Édition du mardi 06 février 2007

Des gallo-romains à aujourd'hui, deux mille ans d'histoire en sept séquences

Le reliquaire. Morte à Blois à 37 ans, Anne de Bretagne fut inhumée dans la basilique et nécropole royale de Saint-Denis. Selon sa volonté, son coeur a été placé dans un reliquaire en or et déposé dans le tombeau qu'elle a fait réaliser pour ses parents et transféré plus tard à la cathédrale de Nantes. Ce précieux vaisseau est cerné d'inscriptions en lettres d'or rehaussées d'émail vert, bleu, rouge, à la gloire du coeur d'Anne, « en France, deux fois reine, duchesse des Bretons, royale et souveraine ».

Le château, Nantes et la Bretagne jusqu'au XVIIe siècle. La ville marchande gallo-romaine devient la Cité des Ducs de Bretagne. Implantée en fond d'estuaire, là où l'on peut traverser la Loire d'île en île, Nantes est ville-port et ville-pont. Elle devient la capitale de l'État breton. Le château est la résidence du duc François II (son constructeur), puis de sa fille Anne de Bretagne. La cité ducale devient ville du royaume de France aux XVIe et XVIIe siècles, et commence à s'ouvrir au commerce, grâce à la pêche à la morue et au commerce avec les Antilles.

Autoportraits de ville. La dernière salle du musée de ville est dédiée à la création artistique contemporaine. Une « carte blanche » est donnée, tous les deux ou trois ans, à un artiste. Pierrick Sorin, le vidéaste nantais, ouvre cette série de portraits de la ville en jouant tous les rôles.

Une métropole atlantique, aujourd'hui et demain. Après le lancement du dernier bateau en 1987, Nantes se forge l'image d'une métropole dynamique, sixième ville de France avec 280 000 habitants. Le renouveau culturel est marqué par le festival des Allumées, l'ouverture du Lieu Unique, la Folle journée, les grands spectacles urbains de Royal de Luxe. Le retour du tramway en 1985 est le début d'une période d'essor démographique (la population croît de 9 % entre 1990 et 1999) et urbanistique (le développement de l'île de Nantes, sur 350 ha).

Entraves. Le système d'entraves utilisées à bord des bateaux négriers est inspiré des modèles de la maréchalerie. Ces fers ont été adaptés pour pouvoir attacher ou détacher plusieurs hommes en même temps. Les fers de traversée sont souvent les seuls objets qui nous restent de l'ère esclavagiste, témoignant de cette étape de la campagne de traite.

Le négoce et l'or noir au XVIIIe siècle. Nantes a été le premier port négrier de France, assurant 41 % des expéditions de traite pratiquées en France. 450 000 esclaves ont été embarqués dans les vaisseaux. Le musée retrace l'organisation de ces voyages entre Nantes, l'Afrique et les Antilles, et montre le décor intérieur (meubles, bois précieux, toiles) de ces « messieurs du commerce ». C'est la période où la ville se développe et s'embellit.

Boîte de biscuits Lefèvre-Utile. Lefèvre-Utile a compris très tôt l'importance du conditionnement de ses biscuits : il permet à sa clientèle d'identifier rapidement ses produits. Du simple paquet en carton à l'emballage en fer-blanc, la boîte de biscuits (fabriquée par Jules Joseph Carnaud) se métamorphose en objet décoratif. Comme cette boîte en forme de tramway, fabriquée en 1898.

Un port industriel et colonial. Après les guerres napoléoniennes, le commerce du sucre relance le commerce. La traite est interdite mais Nantes la poursuit, illégalement, avec 318 navires armés jusqu'en 1831. Fin XIXe, Nantes lance des voiliers au long cours. L'ensablement de la Loire oblige à créer l'avant-port de Saint-Nazaire qui devient vite un concurrent. Les conserveries, biscuiteries, fonderies et raffineries de l'estuaire emploient 30 000 ouvriers.

Les noyades de Nantes. Pour accélérer l'exécution en masse des prisonniers, on procède aux noyades en Loire. Les victimes sont extirpées de leurs prisons, notamment celle de l'Entrepôt des Cafés, pour être dirigées vers des bateaux. Les navires sont ensuite sabordés. On estime qu'il y eut plus d'une vingtaine de noyades, soit environ 4 000 victimes. Ce tableau anonyme, réalisé peu après les faits, reprend tous les codes utilisés à l'époque pour dénoncer les noyades : Carrier assistant aux meurtres avec ses sbires, une mère implorante et un couple enlacé pour leur « mariage républicain ». Ces images allaient forger à jamais la légende noire de Carrier.

En révolution. À la Révolution, Nantes apparaît comme une ville patriote, mais affirme son attachement à l'esclavagisme. Les négociants inquiets contestent l'idée d'égalité. La révolte des esclaves de Saint-Domingue et l'abolition de l'esclavage par la Convention sonnent le glas des intérêts nantais aux Antilles. La Levée en masse provoque la guerre civile. L'échec des Vendéens « Blancs » devant Nantes tenue par les « Bleus », en 1793, est la première victoire républicaine. Avec l'arrivée de Carrier, fusillades et noyades en Loire, à bord de barges sabordées, s'enchaînent. Hoche pacifie la région.

Ouest-France

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