Deux gifles, dix mois ferme
Justice. Sofiane de nouveau dans le box des prévenus hier. Jugé en comparution immédiate, il a été écroué pour avoir frappé un restaurateur.
Il soulève son polo, montre ses pansements, dans le dos, sur le bras. Le président a coupé court : « Pas plus vite que la musique et les paroles, s'il vous plaît. » Sofiane, le prévenu, 21 ans, l'air buté, n'admet pas sa présence devant le tribunal. « Quatre personnes m'ont tapé. Elles sont où ? » En tout cas, pas dans cette salle d'audience où on tente de comprendre ce qui s'est joué samedi soir devant le restaurant le Pont-Levis dans le quartier du Château à Nantes.
Une bagarre a opposé plusieurs personnes et Sofiane a reçu des coups. Il martèle : « Parce que je ne voulais pas leur donner une cigarette ». Lui avait bu. Énervé, il s'en est pris au patron du restaurant d'où sortaient justement « ses » agresseurs. « J'ai juste cassé un verre »,se défend Sofiane. Le patron, lui, se plaint d'avoir reçu une paire de gifles et d'avoir ses bacs de fleurs cassés. « Les policiers ont fait le tour du quartier pour trouver Sofiane. Mais pas pour chercher les quatre agresseurs », déplore son avocate, Me Salau. « Alors oui, c'est vrai, il y a le passé du prévenu. Mais là, il dit : je suis victime et c'est toujours moi qui paye ».
Sofiane, c'est une histoire complexe tissée en Algérie. Depuis cinq ans seulement en France, mais déjà trois ans usés en maison d'arrêt pour des violences, des vols, des stupéfiants et une agression sexuelle. « C'est beaucoup pour moi », lâche laconique le prévenu à un président agacé, qui ne cesse de répéter deux fois les mêmes questions.
Hier, Sofiane est retourné en prison. Le tribunal l'a condamné à deux ans de prison dont 14 mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant trois ans.
Marylise COURAUD.
Ouest-France