L'aménagement de l'Île de Nantes« J'habite une résidence à Saint-Sébastien. Le débouché du nouveau pont va passer au niveau du deuxième étage. Et des jardins sont menacés... » Lors d'une réunion publique à la cité des congrès hier soir, une centaine d'habitants de Saint-Sébastien et de Beaulieu ont exprimé leur inquiétude face au projet de deux nouveaux ponts sur la Loire, au nord et au sud de l'île de Nantes.
Pour chaque ouvrage, plusieurs hypothèses sont soumises à la concertation : le cabinet Arcadis, qui a réalisé une étude sur les nouveaux ponts pour Nantes métropole, en privilégie deux. Au nord, le franchissement relierait Malakoff à Beaulieu (au niveau de la place de la Gabare). Au sud, l'ouvrage serait jeté entre Beaulieu (quai Dumont-d'Urville entre le boulevard Millerand et la rue du Cherche-Midi) et Saint-Sébastien (sur le boulevard des Pas-Enchantés, au niveau de la rue de la Croix-Sourdeau).
« Ça générera du trafic »
Ces ponts offriront une voie automobile, dans chaque sens, des bandes cyclables et des trottoirs. La collectivité veut permettre aux habitants de se déplacer par tous les moyens : voitures, mais aussi en transports en commun, à pied, à vélo, etc. « Aujourd'hui, pour se rendre d'un point à un autre, il faut faire de larges détours, ce qui incite les habitants à prendre leur voiture, explique Patrick Rimbert, l'élu communautaire chargé des grands projets urbains. Le rôle de ces nouveaux ponts sera de relier des quartiers entre eux. »
Scepticisme dans l'assistance... « Un pont de quartier, ça n'existe pas, répond un habitant de Beaulieu. Un tel ouvrage générera du trafic. À partir de Beaulieu, on se rend facilement dans tous les quartiers de l'agglomération : au centre-ville ou au sud-Loire. Pourquoi faire de nouveaux ponts ? On a l'impression que c'est pour gérer des flux Nord-Sud. » Un autre renchérit : « Ça va quand même représenter 20 000 à 30 000 voitures supplémentaires. » Applaudissements du public.
« Notre objectif n'est pas de recréer des lignes de pont, répond Patrick Rimbert. Il ne s'agira pas d'ouvrages autoroutiers, mais de véritables rues entre des quartiers. » L'élu chargé des déplacements, François de Rugy ajoute : « Ces ponts répondent à nos objectifs d'ici 2010 : parvenir à un équilibre entre les déplacements en voiture et les autres modes de déplacement, pour éviter la congestion de la ville. Aujourd'hui, 60 % des déplacements se font en voiture. »
Ça ne rassure pas une habitante : « Comment le boulevard des Pas-Enchantés déjà bien encombré, pourra-t-il supporter le nouveau trafic ? »
Les travaux pourraient commencer à la fin de l'année 2005. Un premier pont pourrait être livré deux ans plus tard.
Jacques SAYAGH.