Édition du lundi 21 janvier 2008
Didier Ollé-Nicolle adepte de la petite séance
Pour préparer la venue du FC Nantes, l'entraîneur clermontois n'a pas dérogé à ses habitudes. Le technicien auvergnat ne s'est quasiment pas appuyé sur la vidéo.
Didier Ollé-Nicolle ne figure pas dans la catégorie des entraîneurs qui, en dehors du rectangle vert, dissèquent dans les moindres détails et vidéo à l'appui les caractéristiques de leurs adversaires. Ce peu de goût pour l'outil technologique n'exclut pas le perfectionnisme. Et, dans ce domaine, chaque technicien a ses convictions. L'entraîneur clermontois le reconnaît volontiers. « Je ne suis pas un adepte de la vidéo, en tout cas pas à jet continu. J'organise de temps en temps une séance sur nos adversaires, mais ce n'est pas régulier. » Les partenaires de Franck Chaussidière ne sont en règle générale conviés qu'une fois par mois devant la petite lucarne. Plus c'est court, mieux c'estL'ancien castelroussin a aussi sa théorie sur la durée de la séance. « Je visualise tous nos matches mais je ne les montre jamais en intégralité à mes joueurs. Tout au plus, je leur passe vingt minutes d'images. Avec les explications qui les accompagnent, la séance dure environ trois-quarts d'heure. Je veux qu'elle marque les esprits. Si elle est trop longue, certains joueurs regardent sans regarder. » Comme un navet dans une salle obscure, la séance vidéo peut ainsi avoir un effet anesthésiant sur le joueur-spectateur. Une discussion avec WengerDe son invité d'un soir, le coach clermontois ignore peu de choses. Les caméras d'Eurosport et Noos Numéricable y sont pour beaucoup dans les enseignements qu'il a tirés des prestations nantaises. « Les Nantais passent toutes les semaines à la télé. Avec tout le respect que j'ai pour Libourne, on a moins besoin d'aller à la pêche aux infos quand on joue le FC Nantes. On connaît ses principes de jeu. » Didier Ollé-Nicolle se souvient d'une discussion avec Arsène Wenger, « le plus pointu sur la vidéo » il y a quatre ans. Le patron technique des Gunners souhaitait truffer son stade de caméras afin d'analyser les déplacements de chacun de ses joueurs. Mais il faut déployer des trésors d'imagination pour trouver un point commun entre Gabriel Montpied et Highburry ou l'Emirates Stadium. Sujet tabou pour Der ZakarianEt l'entraîneur auvergnat n'en éprouve même aucune frustration. « Avec la vidéo ou sur un ordinateur, ça marche toujours. Mais c'est sur le terrain qu'il faut faire les efforts. » Il préfère orienter son discours sur les prestations de ses joueurs plutôt que de décrypter le dispositif et l'animation adverses. « Je me suis aperçu que ce n'est pas lorsque je disséquais davantage le jeu de mes adversaires que j'ai obtenu les meilleurs résultats. Ici, on passe très peu de temps à analyser les adversaires. » Tout l'inverse de son homologue nantais, qui a refusé d'évoquer le sujet. Michel Der Zakarian espère sans doute préserver un secret, comme on bétonne un brevet. Nantes mieux que ValenciennesPourtant, Guillaume Moullec en a vu d'autres. « À Lorient, on utilisait davantage la vidéo. Avec Christian Gourcuff, c'était plus axé sur notre jeu car nous avions un style bien précis. Ici, la veille des matches, on analyse le jeu des adversaires, leurs façons de tirer les coups de pied arrêtés. » Frédéric Da Rocha se souvient des séances concoctées par Raynald Denoueix. « Lui, il décortiquait tout. » David de Freitas et Thomas Dossevi ont en revanche le sentiment d'avoir franchi un palier en gagnant les bords de l'Erdre. « Ici, je fais beaucoup plus de vidéo. On ressent l'héritage de la Ligue 1 ,» indique le milieu de terrain. « C'est mieux préparé, plus détaillé que ce que j'ai connu notamment à Valenciennes. Au FC Nantes, les montages sont de qualité », ajoute Thomas Dossevi. À Clermont, le monsieur vidéo de la Jonelière serait presque réduit au chômage technique.Loic FOLLIOT.
Ouest-France