Édition du dimanche 13 avril 2008
Dossevi : « J'ai vu ça en Afrique, sur des matches truqués »
Les Canaris ne décolèrent pas. Battus sur la pelouse ajaccienne, les joueurs de Michel Der Zakarian estiment avoir été victimes d'un arbitrage indigne.
Les voix nantaises s'ajoutent au concert des critiques sur l'arbitrage. À Ajaccio, où ils ont perdu (2-1) après avoir été sanctionnés d'un penalty très sévère et, surtout, encaissé un deuxième but entaché d'un hors-jeu au départ, et d'un ballon n'ayant pas franchi la ligne à l'arrivée, les Canaris estiment avoir été volés par l'arbitre, Philippe Kalt. « Il a triché avec nous, a ainsi estimé Michel Der Zakarian, hier matin à la Jonelière avant de se radoucir. Il a manqué son match. Mais il faut qu'on trouve une solution pour les aider. Car sur des actions litigieuses où on ne sait pas si le ballon a franchi la ligne ou pas, avec la vidéo, tu sais. »
En dépit de ces avatars, l'entraîneur nantais, satisfait du « très bon contenu », pense que Nantes aurait tout de même dû s'imposer à Ajaccio. « On n'avait qu'à mettre nos occasions. » Thomas Dossevi, buteur au stade François-Coty, partage son point de vue. Mais l'international togolais, qui évoque aussi son avenir, y va un peu plus fort sur le thème de l'arbitrage.
Thomas, à Ajaccio, vous marquez un but, donnez une passe qui aurait dû être décisive, mais à l'arrivée, Nantes ne prend aucun point...
Oui. On aurait vraiment dû tuer le match en première mi-temps car nous avons vraiment bien joué. Mais nous avons toujours cette mauvaise habitude de s'arrêter de jouer quand on marque. Ensuite, on a réagi et on a deux occasions franches coup sur coup. Mais on doit aussi mettre en avant l'arbitrage. J'espère que cet arbitre (M. Kalt) n'officiera pas en Ligue 1 car sur le deuxième but, ses décisions relèvent du scandale. Mais je doute que nous arrivions à avoir des images. Pour la commémoration (NDLR : allusion à l'hommage rendu à Michel Moretti, le président corse, disparu ces derniers jours) et le maintien d'Ajaccio, c'était intéressant. Mais c'est vraiment décevant de perdre de cette manière.
Aviez-vous déjà vu cela ?
Oui, j'ai déjà vu ça en Afrique sur des matches truqués ou des matches retours pipés. Après cela, on comprend pourquoi il n'y aura pas d'arbitre français au prochain championnat d'Europe des nations.
Vous avez néanmoins réussi à garder votre calme...
C'était ça ou des expulsions à la chaîne. Mais c'était quand même incroyable de voir le 4e arbitre venir nous dire : bon, vous avez 12 points d'avance sur le 4e, vous n'avez pas besoin de ça, vous allez monter. Et quand en plus un joueur d'Ajaccio vient nous dire que le ballon n'est pas entré sur le deuxième but...
Grenoble ayant fait match nul, c'est moindre mal...
Mais on perd encore un peu de crédit face au Havre. Dans le vestiaire, on nous dit qu'ils ont perdu, et une heure après, on s'aperçoit qu'ils ont fait nul. Mais ce qui est dommage, c'est qu'on a fait un bon match. En ce moment, on joue mieux à l'extérieur.
Pour votre part, vous semblez en mesure de bien finir la saison...
J'étais en jambes contre Troyes, moins contre Niort. Là, j'étais à nouveau bien. C'est une question de physique. Je pense avoir retrouvé mon niveau, mais il me faut être régulier.
Pour convaincre vos dirigeants de prolonger votre aventure nantaise ?
Je ne cherche pas à convaincre. Je sais ce que je dois faire. Je suis lucide sur ce qui se passe ici. Les dirigeants font leur travail, c'est normal qu'ils anticipent. On est beaucoup, dans cet effectif. Ils font leur choix.
De votre côté, vous regardez donc également ailleurs...
Évidemment. Eux font leur travail, et moi j'ai une certaine expérience. Je sais ce que je dois faire. Des gens travaillent pour moi. Des agents qui sont sur le qui-vive. Chacun son job, c'est la loi du marché. Quand il y a 36 joueurs sous contrat dans un effectif, il faut savoir anticiper.
Pierre-Yves ANSQUER.
Ouest-France