Du sable dans les rouages du carrousel des Mondes marins
Signé François Delarozière, ce carrousel des Mondes marins abrite d'étranges créatures. : Dessin François Delarozière
Prévu en 2009, près de la grue Titan sur l'Île de Nantes, le carrousel des Mondes marins a été bloqué par la Préfecture. Celle-ci estime que le projet doit faire l'objet d'un appel d'offres.
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Après le Grand Éléphant, né en 2007, Nantes Métropole entendait bien poursuivre sa colonisation de l'île de Nantes dès l'été 2009 avec le carrousel des Mondes marins. Mais la Préfecture a fait savoir que ce projet, qui devrait coûter 6,4 millions d'euros, devait faire l'objet d'un appel d'offres en bonne et due forme. Un contretemps qui risque de repousser la construction du manège d'au moins six mois.
Une oeuvre artistique
« On a été très surpris par la réaction de la Préfecture, explique Pierre Oréfice, directeur des nefs et co-producteur des Machines de l'île avec François Delarozière. Ce qui avait été rendu possible pour l'Éléphant ne l'est plus pour le carrousel. Il s'agit d'un tout, d'une oeuvre artistique. C'est le même travail et le même concept. On ne comprend pas pourquoi la Préfecture bloque ».
Ce carrousel des Mondes marins consiste en un manège de plus de 25 m de haut, sur trois niveaux, comportant 22 éléments mobiles actuellement en construction pouvant embarquer 72 passagers. Certaines machines, comme la raie manta et le luminaire des grands fonds, sont déjà visibles dans la galerie. Elles seront rejointes cet été par le crabe royal, le bus abyssal et le bateau-tempête.
Mise en concurrence
À Nantes Métropole, qui a passé la commande auprès des constructeurs, on se triture aujourd'hui les méninges pour élaborer un nouveau scénario.
« La Préfecture estime que la mise en concurrence s'impose pour la partie génie civil, c'est-à-dire la structure en béton qui abritera toute la machinerie du manège, explique un proche collaborateur de Jean-Marc Ayrault. Cette structure a pris plus d'importance que les machines en elles-mêmes. La Préfecture a donc fait valoir l'article 35 du code des marchés publics. On réfléchit, on a plusieurs pistes pour faire avancer les choses. C'est un problème classique d'appel d'offres, comme on en traite plusieurs centaines par an ».
Du côté du quai Ceineraye, d'où est venu le blocage, on se contente d'indiquer qu'« il n'y a pas eu d'observation de la Préfecture sur la délibération du Conseil communautaire ». Officiellement, donc, rien n'a été fait pour empêcher ou retarder l'opération. Reste que le carrousel des Mondes marins ne devrait pas commencer à tourner avant le printemps 2010.
Stéphane Pajot
Presse-Océan