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FC Nantes-Atlantique

Édition du samedi 12 mai 2007

FCNA en L2 : « un impact économique énorme »

Un budget de club sévèrement amputé. Donc, de l'argent en moins injecté dans l'économie nantaise. Et une image écornée qui pourrait rejaillir sur la ville.

« Le FC Nantes en Ligue 2 ? Si ça devait perdurer, l'impact économique serait énorme pour la ville et la région. » Jean-Claude Jaunait, ancien président du Medef de Loire-Atlantique, fin connaisseur du club pour en avoir été secrétaire général durant trois ans, fait les comptes : « Le budget va être divisé par deux. C'est donc 20 à 30 millions d'euros qui ne seront pas dépensés directement et indirectement par cette entreprise nantaise. »

Et surtout, au-delà, « c'est un gros problème d'image ». Explications : « Au lieu que le club fasse partie des éléments positifs, comme la Folle journée, ça devient un élément négatif. On n'est pas dans l'image d'une ville qui gagne. » Le président du FC Sochaux, formation qui a connu elle aussi la relégation, acquiesce : « Je ne cesse de le dire. La valeur institutionnelle d'un club rejaillit incontestablement sur la ville. Les élus ne s'en rendent compte que quand il descend en Ligue 2. » Et qu'il y reste. Car, alors le fameux patrimoine sportif, engrangé durant des décennies, se dilapide progressivement aux yeux des footeux français et d'ailleurs. Déjà, avec cette saison catastrophique, « la très bonne image » (dixit l'économiste en sport Hervé Varillon) dont jouissait le FC Nantes, est sérieusement écornée...

« On est à un virage »

« Nous avions basé toute notre communication sur le club, raconte Daniel Augereau, le PDG du groupe Synergie qui apportait chaque saison 1,5 million d'euros dans les finances du FC Nantes. Ce partenariat n'est pas un investissement à fonds perdus. Il a accru notre notoriété, c'est évident. Nos clients associaient automatiquement Synergie au FC Nantes. Et puis, c'était le moyen de motiver nos collaborateurs sur la performance, l'esprit d'équipe, la volonté de gagner. Je ne regrette rien mais ce n'est plus possible. » Il n'empêche, le patron et supporteur du club, devrait continuer à sponsoriser le FC Nantes au moins pour une saison, à hauteur d'environ 700 000 €. À cette condition près : « Je veux être informé de la vie du club. Je veux aussi donner mon avis. » Et, on croit deviner, qu'il veut véritablement être entendu...

« On est à un virage. Dassault est devenu propriétaire du FC Nantes sans vraiment le vouloir. C'est plus un hasard qu'un destin. S'il a une ambition affirmée pour le club, il faut le soutenir. Si ce n'est pas le cas, encourageons-le à passer la main. Et alors, Jean-Marc Ayrault doit reprendre son bâton de pèlerin et aider à la constitution d'un pôle nouveau », conseille Jean-Claude Jaunait qui plaide, comme Daniel Augereau, pour une association entre collectivités et entrepreneurs locaux.

Un montage qui ne séduit pas, loin de là, le député-maire de Nantes (lire aussi en page Sports) : « Il faut un actionnaire de référence qui soit vraiment le patron car si c'est pour faire une sorte de conglomérat avec quelques morceaux de financements pour qu'ensuite on refasse la politique du club tous les matins, tous les midis et tous les soirs, on est sûrs que ça ne marchera pas ». Et Jean-Claude Jaunait de répondre en écho : « Je n'ai jamais cru qu'on pouvait faire du foot professionnel une entreprise durable, autonome. Manchester est une exception, elle ne confirme pas la règle. » La balle est aujourd'hui dans les pieds de Serge Dassault.

Jean-François MARTIN.

Ouest-France

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