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Fabrice Grange (au centre) entouré de Michel Der Zakarian (à gauche) et Baptiste Gentili (à droite) s'est construit au gré de ses diverses expériences à l'étranger. À Nantes, il se sent comme chez lui. Photo : Ludovic FaillerCASABLANCA (de notre envoyé spécial). « J'avais dit que si Lyon ou Nantes me contactaient, je réfléchirais. » L'opportunité s'est présentée, l'ancien portier l'a saisie. Fabrice Grange n'a vraisemblablement pas cogité trop longtemps avant d'accepter la proposition nantaise. Il sort d'une expérience à la Fédération Française, entamée en 2004, poursuivie avec l'équipe de France ces deux dernières saisons, lors de la Coupe du Monde puis à l'Euro. Une période qu'il est inutile d'évoquer... L'intéressé a prévenu : le sujet est tabou. Comme toute tentative d'intrusion dans la vie des gardiens nantais, qu'il partage depuis la reprise, est vouée à l'échec.
Il concède cependant avoir donné une nouvelle orientation à sa carrière par un désir « de travailler au quotidien avec des gardiens, contrairement à ce qui se produit en sélection. J'ai envie d'instaurer une relation avec les joueurs et que l'on avance ensemble. » Fabrice Grange, auquel les dirigeants nantais ont demandé de succéder à Franck Chaumin cet été, s'enorgueillit d'avoir tiré des enseignements de chacune de ses collaborations, aussi bien avec ses partenaires qu'avec ses entraîneurs, de Nantes ou d'ailleurs. Il cite volontiers Franck Raviot et Bruno Martini à la Fédération.
De Kilmarnock à la Chine
Mais le Lyonnais pure souche se défend de procéder par mimétisme. L'homme s'est construit au gré de ses (nombreuses) pérégrinations. Celles-ci l'ont conduit de l'OL à Nantes en passant par Charleville-Mézières, Kilmarnock (Écosse), Liaoning (Chine), le Racing (National) et Beauvais (Ligue 2).
De l'Écosse, « où l'on ressent cette culture footballistique très britannique », à la Chine « qui avance à une vitesse folle », Fabrice Grange s'est nourri d'expériences aussi riches que variées. « Je suis parti de chez moi à 16 ans. Partout où je suis passé, je me suis adapté. En Chine, j'ai découvert une autre culture, de nouvelles habitudes alimentaires. »
L'aventure a incontestablement marqué l'homme-caméléon. « On jouait par n'importe quelle température, que les terrains soient inondés ou enneigés. Quand je suis arrivé au club, le président nous a présentés, Christophe Galtier et moi, au reste du groupe. Il a clairement dit que nous étions les deux joueurs les mieux payés et que nous devions alors justifier cet investissement. »
À 37 ans, il conserve la silhouette d'un joueur en exercice. « Avec Bruno Martini, on avait calculé qu'on distillait 300 à 400 frappes lors d'une séance spécifique. » C'est lui désormais qui veille sur les portiers nantais. Un Grange gardien en quelque sorte...
Loïc FOLLIOT.