Football : Nicolas Goussé : « Je ne suis pas cramé »
Nicolas Goussé, chômeur voici quelques semaines, a retrouvé la lumière, lundi soir. Et de quelle manière! : David Ademas
Après deux saisons compliquées à Istres et quelques semaines de chômage, Nicolas Goussé a vite trouvé sa place au sein de l'attaque nantaise en signant un triplé face à Reims.
Dernièrement, vous déclariez : « je ne serai pas hyper performant du jour au lendemain. » La résurrection est plutôt rapide, surtout après deux saisons compliquées à Istres ?J'ai effectivement été en galère. Au bout de quatre mois, je me suis fait opérer d'une pubalgie. Ça a traîné pratiquement dix mois. Quand j'ai repris, j'ai marqué, mais mi-février, on m'a écarté du groupe sans raison. Apparemment, il s'agissait d'une décision présidentielle, vu que j'étais en fin de contrat et que je n'allais pas rapporter d'argent au club. C'est la première fois que vous connaissiez ce genre d'épreuve ?Non ! À Guingamp, j'avais déjà été écarté les six derniers mois, faute de résultats. Ça forge le caractère même si ce n'est pas évident à vivre. Je sais que j'ai été irréprochable durant ces deux saisons. Je n'ai jamais semé la zizanie dans tous les clubs où je suis passé. Je suis quelqu'un de simple. Maintenant, ainsi va le milieu du foot. Quand je vois où j'ai attiré après avoir été au chômage, c'est plutôt une bonne galère. Marquer trois buts pour son premier match, voilà qui fait la beauté de ce sport.Comment avez-vous vécu votre passage au stage de l'UNFP ?Pour moi, il était important de montrer que j'avais une certaine envie de revenir dans le circuit. J'ai voulu de suite me mettre dedans, retoucher le ballon, retrouver des sensations, vivre avec un groupe, m'entraîner, me vider la tête et me faire plaisir. J'avais des propositions exotiques (La Chine en février, Chypre, Grèce) mais avec la famille, la France restait prioritaire. Et puis, je ne suis pas si vieux que ça (31 ans), même si après 30 ans on est considéré comme tel. Il suffisait de patienter.Vous était-il arrivé de marquer trois buts en moins d'une heure ?Je n'avais jamais réalisé un triplé ! Quand on voit que Baga (Bagayoko) a marqué un doublé et est impliqué sur tous les buts, c'est l'idéal. Maintenant, il convient de ne pas mettre cette réussite sur le compte de deux joueurs. Toute l'équipe a bien travaillé. Niveau récupération et état d'esprit, c'était bien. Si on arrive à allier abnégation, combativité et qualité de jeu, ce sera bien, l'essentiel restant de gagner des matches. Je vais continuer à bosser et montrer que je suis dans le projet du FC Nantes. Après, on verra bien.Des trois buts, lequel vous ressemble le plus ?Pas le premier, car je ne pense pas être un renard des surfaces. Pour le penalty, il était prévu que ce soit moi, Bagayoko ou Da Rocha. Vu que la faute a été commise sur « Baga »... La saison dernière, j'avais loupé un penalty face à Reims et Liébus. J'y ai pensé en prenant le ballon avant de me dire que ça arrivait à tout le monde. Cette année, j'ai changé de côté... En revanche, de la tête, j'en ai marqué pas mal dans ma carrière. En revoyant les images, je m'aperçois que je vais la chercher bien derrière. Dire qu'avec Bagayko, on n'avait pas inscrit le moindre but lors des matches de préparation.Malgré le 5-0, on parle de l'éviction de Michel Der Zakarian ?On entend les bruits, comme vous. Ce n'est pas évident pour le coach. Je me mets à sa place. Gagner 5-0 avec la manière et lire dans les journaux que d'autres noms circulent. On ne s'attendait pas à ça, mais ce n'est pas nous qui décidons. Il ne faut pas tout voir en noir, mais j'y ai pensé avant le match...Propos recueillis par Ch.DELACROIX.
Ouest-France