Édition du lundi 14 janvier 2008
Franck Signorino : « À Nantes, j'ai pété les plombs »
Six mois à peine après son départ du FC Nantes pour Getafe, le latéral gauche aspire déjà à changer d'air. Il ne regrette cependant pas d'avoir quitté le club relégué en Ligue 2.
Son expérience à Getafe. « Je me suis blessé au genou lors du stage de préparation du FC Nantes. La guérison a été plus longue que prévu. À Nantes, avec la qualité du staff médical, j'aurais gagné un mois. J'ai disputé mon premier match en UEFA à Tottenham le 25 octobre. On s'y est imposé (2-1). Personne n'avait gagné en coupe d'Europe depuis 1985. J'ai fait un bon match, mais je n'ai plus été convoqué ensuite pendant un mois et demi. Mickaël Laudrup a même préféré aligner un latéral droit à ma place contre Villareal. Je n'ai joué que cinq matches. Les dirigeants avaient affirmé que l'entraîneur me connaissait. Lui m'a certifié le contraire. Je n'ai jamais eu ma chance. Ce soir, je suis chez moi et je ne regarde même pas le match de mon équipe contre le Betis Séville. C'est trop frustrant. »Sa dernière saison au FC Nantes. « Cette saison a été un drame. J'avais déclaré qu'après les départs de Landreau et Toulalan, cela allait être compliqué, que j'étais inquiet pour l'avenir du FC Nantes. Cela a instauré un climat négatif, mais j'ai dit ce que je pensais. Cela partait d'un bon sentiment, mais, avec du recul, j'ai très mal géré cet épisode. Et cela m'a porté préjudice, j'ai été catalogué « grande gueule ». J'ai pété un câble. J'étais à fleur de peau, dans la vie privée comme au stade. Demandez à ma femme... »Des Canaris surévalués ? « On nous a demandé de finir 6e, mais la saison précédente, on avait terminé à la 14e place. Quelque part, le costume était trop grand. À la Beaujoire, on a fait une présentation de l'équipe « à l'espagnole », comme le Barça ou le Real. Mais, au bout de six journées, on n'avait pas gagné un match. On a compris que cela risquait de mal se passer. Le malaise était palpable. La descente n'a rien d'illogique. Si un ou deux joueurs, ayant quitté le FC Nantes l'été dernier, étaient en situation d'échec cette saison, on pourrait parler de hasard. Mais ce n'est pas le cas. »Un départ à tout prix ? « J'ai dit à Rudi Roussillon, Japhet N'Doram et Michel Der Zakarian que je ne voulais pas jouer avec le FC Nantes en Ligue 2, car ce n'est pas la place du club. Je leur ai affirmé que si aucun club de Ligue 1 ou à l'étranger ne me sollicitait, je préférais jouer en Ligue 2 à Niort ou ailleurs. Quand je suis descendu avec Metz en 2002, je n'ai pas quitté le navire. Je suis resté et j'ai même signé un contrat professionnel qui n'a pas été homologué par la DNCG. L'année de la remontée, j'avais donc un statut amateur. J'aurais pu signer à Rennes, mais j'ai préféré rester à Metz. Quand j'ai rejoint Nantes, le FC Metz était en Ligue 1.Le FC Nantes 2007-2008. « Je suis tous les résultats et j'ai encore Loïc Guillon, Philippe Chantebel (kiné) et quelques salariés au téléphone. Je suis content que Nicolas Goussé ait inscrit un doublé contre Châteauroux. Je m'étais bien entendu avec lui lors du stage à Dinard. Je souhaite de tout coeur que le club retrouve la L1. Nantes a besoin de la L1 et c'est réciproque. »Recueilli par Loïc FOLLIOT.
Ouest-France