Édition du samedi 01 mars 2008
Gambardella : Sofiane Hanni sur la bonne voie
Gambardella (16 e de finale). Le Mans - Nantes, dimanche. L'attaquant des 18 ans a compris
que le talent naturel ne suffisait pas. Du coup, il a franchi un cap.
Un plat du pied au deuxième poteau. Un geste simple pour un garçon aussi doué techniquement. Mais il fallait être là, pour claquer ce deuxième but face à Guingamp, celui de la qualif pour les 16e de finale de la Coupe Gambardella. Et Sofiane Hanni n'y était pas par hasard. « Durant toute la semaine, le coach avait insisté sur ce deuxième poteau, explique l'attaquant d'origine algérienne. Je me suis donc planté au milieu de la surface, et personne n'est venu me prendre. Ça a payé. »
La traduction des instructions n'est pas toujours aussi concrète. Mais, sur des petits détails, des attentions de tous les jours, l'ancien joueur d'Ivry, passé par l'AC Boulogne-Billancourt avant de rejoindre Nantes en juillet 2005, a aussi manifestement passé un cap. Laurent Guyot estime ainsi que, « depuis 4 ou 5 mois, Sofiane a compris ce qu'était l'exigence du haut niveau, notamment dans les courses de replacement. » L'intéressé corrobore. « Avant, je ne pensais qu'à attaquer. Désormais, je fais les efforts défensivement. Et j'ai aussi acquis les moyens physiques de le faire. » Dès lors, pour le patron de la formation nantaise, « tous les espoirs sont permis ».
Car ce fils d'un ancien joueur de deuxième division, né le 29 décembre 1990 est « un joueur talentueux. » Dans son rôle d'attaquant de soutien, il affiche, selon son coach « une capacité de dribble et de passe décisive très intéressante. » Ce fan de Ronaldo et de Karim Benzema, apparu deux fois en cours de jeu en CFA, se reproche encore « de manquer d'efficacité. » Ses cinq buts et cinq passes décisives, cette saison, ont, à l'écouter, un goût de trop peu.
Alors, il travaille. À l'entraînement, mais pas seulement. Le week-end, les « trois ou quatre matches » qu'il regarde à la télévision ne sont pas ceux d'un téléspectateur ordinaire. « Je regarde attentivement ce que font les attaquants. En bien comme en mal d'ailleurs. » La carrière pro à laquelle il aspire se jouera peut-être sur ces petits secrets chipés aux plus grands. En attendant, plus modestement, c'est en Gambardella qu'il entend briller. « On a un bon groupe, estime-t-il. On sait que Le Mans (4e du groupe A), c'est du solide, comme Guingamp. Mais notre équipe (7e du groupe C) est capable de produire un bon jeu en mouvement. Et on a appris à être patient, à ne pas paniquer quand ça ne tourne pas exactement comme on le souhaiterait dès le début. »
Sans fanfaronner, Sofiane ne s'interdit donc pas de rêver à une belle épopée. « Ce serait bien, car la formation nantaise a été critiquée. Nous, on sait qu'on travaille bien, mais ça en apporterait une preuve concrète. »
Le Mans - Nantes, dimanche à 15 h 30, stade du Clos Fleuri à Mulsanne.
Le groupe nantais : Zelazny, Dupas - Guibert, Smah, Nego, Baty, Barré, Burgo, Helies, Leclerc, Bonnes, Marty, Bonnet, Le Goff, Hanni, Choubani, Martineau, Coquet.
Ouest-France