Grève des agents d'école : 58 cantines fermées
Solidarité : Florence a quitté un peu plus tôt son travail à Carquefou pour faire déjeuner sa fille et une copine, plus les deux enfants des voisins.
La fin de l'école le samedi change leur façon de travailler. Préoccupé par ces conséquences, un quart du personnel des écoles débraye le midi depuis hier.
Midi sonnent à l'école André-Lermite, quartier Mellinet. Ce jeudi, il y a plus de parents que d'ordinaire devant les grilles. Beaucoup plus. Et pour cause : il n'y a pas cantine ce midi parce qu'il n'y a pas de personnel. Les AER, agents d'entretien et de restauration employés par la ville, débrayent une heure. Également les concierges et les Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles). Les raisons : elles sont liées aux changements entraînés par la loi Darcos supprimant les samedis travaillés dans les écoles. Si leur temps de travail est garanti par la ville, ils craignent que, reportées à un temps extrascolaire, leurs missions ne changent.
Système D et solidarité
Cantine fermée. Alors, côté parents, c'est système D et solidarité. Florence emmène déjeuner sa fille et une copine, plus les deux enfants des voisins. Du rapide car il lui faut retourner bosser à Carquefou. Rahima aussi a pu quitter plus tôt sa formation. Aujourd'hui, c'est son tour de « garde-manger »... Tous ont pu s'organiser. Pas le cas à la maternelle des Marsauderies où restent deux petiots. Personne ne viendra les chercher, alors ils déjeuneront avec deux maîtresses. « On a essayé de dédramatiser et nous avons obtenu des plateaux-repas de l'école élémentaire où la cantine fonctionne », explique la directrice qui avait pourtant appelé chacun des parents d'élèves pour les informer de la fermeture de la cantine.
L'information était en effet tombée mardi, jour où certains élèves étaient absents pour cause de grève contre le service minimum d'accueil. « Les parents font l'amalgame avec la grève des enseignants de mardi, regrette une directrice. Or il s'agit de personnel municipal, mais pour eux, c'est l'école. Et en tant que directrice, j'en suis garante. »
Grève jusqu'à la semaine prochaine ?
Jeudi, le débrayage s'est fait à l'appel de la CGT. Aujourd'hui, la CGT est rejointe par FO et les syndicats se rassembleront devant l'hôtel de ville en fin de matinée. Ce sont 58 cantines fermées où il n'y aura pas d'accueil sur les 115 écoles de la ville.
Bernard Bolzer, élu à la ville s'étonne de « la mauvaise foi » qui anime ces débrayages. « Déjà, pour préserver leur pouvoir d'achat et leurs conditions de vie, nous avons refusé de passer à temps partiel les agents des écoles suite à la loi Darcos. Avec les syndicats, nous avons décidé du report le mercredi. Et enfin, à compter du 1er novembre 2009, nous voulons offrir d'autres choix aménagements au personnel. Suite à un questionnaire, nous savons que certains préfèrent travailler durant les vacances... »
Jean-Paul Rica, secrétaire général de la CGT, ne conteste pas ce point mais craint que ce changement soit prétexte à de la « polyvalence. Dans d'autres villes, le concierge de l'école s'occupe du gymnase et des locaux associatifs... Nous ne voulons pas qu'une Atsem fasse du ménage... Bref, autre chose que sa mission ». Malentendu ou incompréhension ? Bernard Bolzer assure qu'il est hors de question de dévaloriser le métier d'Astem auquel il est attaché. Au contraire, ce temps sans enfants pourrait être celui de formations.
Un comité paritaire est prévu le 16 octobre prochain, date jusqu'à laquelle a été déposé le préavis de grève.
Véronique ESCOLANO.
Ouest-France