Guillaume et Odile Raineau : une participation en ut majeur
Dans le hall de l'hôtel du club France, Guillaume Raineau et sa maman Odile savourent le bonheur des retrouvailles : Philippe Corbou
Le Nantais Guillaume Raineau a frôlé le bronze en aviron. Il espérait pourtant bien ramener une médaille à sa ville. Dimanche soir, il reconnaissait avoir vécu une grande et belle aventure.
Tous les amateurs d'aviron nantais espéraient que Guillaume Raineau offre une nouvelle médaille d'or au CAN en quatre de pointe sans barreur et succède ainsi à ses glorieux aînés Yves Hocdé ou Olivier Monselet.
Le coup est passé tout près, mais le Nantais a échoué au pied du podium. Odile Raineau, qui est venue soutenir son fils aux jeux de Beijing, est passée par toutes les émotions, avant que le bonheur des retrouvailles ne lui fasse oublier tout le stress.
« Une finale, c'est merveilleux »
Dimanche soir, au club France, le Nantais avait retrouvé le sourire, après avoir partagé sa déception avec ses partenaires, sa mère, son copain Erwan Peron et ses autres amis.
« C'est vrai que la quatrième place est difficile, mais il y a quatre mois, je n'étais pas encore intégré au bateau. Il faut donc relativiser » tempérait ainsi Guillaume. « Vivre une finale d'un tel niveau, c'est quelque chose de merveilleux ». Surtout quand on fait ses premiers jeux Olympiques.
Beijing terminé, Guillaume a déjà le regard tourné vers Londres où il espère renouveler l'aventure. Et cette fois, ce ne sera pas pour revenir bredouille. « J'espère bien apporter, cette fois, à mon club et ma ville une médaille ».
Le coup de pompe de sa mère
Pour Guillaume, coupé de sa mère pendant deux mois, durant le dernier stage de préparation, la situation n'a pas toujours été facile à vivre. « J'ai eu quelques moments difficiles, ce d'autant que j'ai perdu ma grand-mère et que je n'ai même pas pu venir soutenir ma famille ».
C'est pourquoi les retrouvailles avec Odile, sa mère ont été importantes. « C'est la première fois qu'elle venait réellement me voir dans une compétition d'une grande importance et elle a vu ma demi-finale. J'étais hyper content ».
Odile se souviendra, également, longtemps, de ce grand moment... tout simplement parce qu'elle s'est évanouie, la qualification de son fils acquise. « C'était à la fois un mélange de l'émotion de la qualification, du stress, de la fatigue... et de la joie » sourit-elle aujourd'hui.
« Mais plus ça monte dans les qualifications, plus il y a de stress. Car c'est le fruit d'un long travail » rajoute-t-elle.
« En finale, c'était différent, car c'est quelque chose de merveilleux à vivre ».
Profiter de Pékin
Heureusement, la mère de Julien Bahain, l'Angevin l'a soutenu. Elles ont d'ailleurs vécu les compétitions ensemble. Pas avec le même succès hélas. Mais Marie et Odile se sont entraidées toute cette semaine.
Guillaume et Odile vont maintenant bénéficier de quelques jours de repos ensemble. Ils vont en profiter pour découvrir Pékin et partager leur joie.
« Je n'ai pas fait 8 000 kilomètres pour rester au village olympique dans ma chambre. J'ai envie de visiter la ville, la place Tien'anmen, la cité interdite, le vieux Pékin... d'autant plus que j'ai trouvé le pays très accueillant, avec des gens qui se plient en quatre pour vous aider ».
Séduit par l'environnement du bassin d'eau et du village, Guillaume veut partager des moments de bonheur avec sa mère, sans oublier d'aller soutenir d'autres athlètes français, avant de songer à sa nouvelle orientation professionnelle, « à Nantes et toujours au CAN j'espère. Je suis en discussions, j'espère que cela va aboutir bientôt ».
En attendant, Guillaume et Odile veulent jouer la même partition en Chine, jusqu'à la fin de leur séjour.
Philippe Corbou
Presse-Océan