Habitat partagé : la belle année de Suzanne et Andréa
Suzanne (à droite) met à disposition d'Andréa une chambre, en échange la jeune fille passe un peu de temps avec celle qui l'héberge. : Photo B. Bechard
Depuis plusieurs mois, Suzanne, 86 ans et Andréa, 20 ans, ont tenté l'aventure proposée par une association nantaise : habiter sous le même toit.
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Faire cohabiter sous le même toit des personnes âgées seules et des jeunes à la recherche d'un logement, c'est l'idée lancée par l'association Le temps pour Toit, il y a trois ans. En échange du prêt d'une chambre, le jeune hébergé apporte une aide à son hôte : faire quelques courses, des travaux ménagers, partager les repas ou simplement apporter une présence rassurante le soir. Un moyen de faire face à la pénurie de logements et de contribuer au maintien des personnes âgées à domicile.
« On refait le monde »
Quand Andréa décide de poursuivre ses études à Nantes, elle se lance dans la recherche d'un logement. « Les loyers étaient très élevés, quand j'ai entendu parler de l'association, j'ai pensé que l'habitat partagé était une bonne formule » explique l'étudiante.
Depuis la rentrée, elle habite chez Suzanne, son aîné de plus de 60 ans. « Ça me permet de retrouver une ambiance familiale quand je rentre le soir » confie la jeune femme. Suzanne y trouve aussi son compte. « Je rends service et j'ai un peu de compagnie. Mes enfants sont plus rassurés de savoir que quelqu'un vit avec moi ».
Après les cours, Andréa retourne directement chez Suzanne pour le repas. « Il dure au minimum une heure. On parle du passé, du futur... On refait le monde toutes les deux » raconte Andréa.
Cet été le duo sera séparé pendant un peu plus d'un mois. Une période attendue avec une légère appréhension. « Je n'ai pas trouvé de travail à Nantes, je dois retourner chez mes parents pour travailler à Quimper. Sinon je serais restée. Ça va être un peu dur »explique Andréa. Et d'ajouter « Seul le chien ne me manquera pas ! »
Suzanne et Andréa se retrouveront en août pour une nouvelle année de cohabitation.
Un duo réussi
Mais la collaboration entre juniors et seniors ne s'improvise pas. Elle doit se faire dans un cadre précis en raison des attentes et styles de vie distincts des deux générations.
« Il y a tout un travail de mise en adéquation des besoins à réaliser, explique Nicole Rochier, la présidente de l'association Le temps pour Toit. Rien ne doit pas être ressenti comme une obligation » explique-t-elle. « Un duo est réussi quand chacun trouve du plaisir dans la relation, qu'il y a une envie de se retrouver et que chacun vit bien son quotidien » souligne Nicole Rochier.
En cas de conflit, l'association recourt à la médiation. « C'est assez rare, quatreàcinq fois par an » précise la présidente de l'association.
Mathieu Gibet
Presse-Océan