Handball : Cherif Gormit, le combat au corps et au coeur
Cherif Gormit vit sa dernière saison avec le HBC Nantes. Et ne veut pas finir sa carrière sur une mauvaise note. Alors il veut insuffler son sens du combat à son club de toujours. Photo : Ludovic Failler
Division 1. Istres - HBC Nantes, ce soir. Dans ce duel d'équipes sans victoire, le HBC Nantes doit s'imposer. Le demi-centre nantais veut y contribuer.
Il ne mâche pas ses mots. Pas dans ses habitudes. Pas question de s'échapper ni de se voiler la face. Le HBC Nantes n'est pas dans le coup en ce début de saison ¯ aucune victoire en championnat, éliminé de la Coupe de la Ligue à Aurillac ¯ et Cherif Gormit le dit. « Il ne faut pas se mentir, lance le demi-centre du HBC Nantes. Dans nos têtes, on est encore en D2. En tout cas, nous n'avons pas encore passé le cap qui mène à la D1. »
Le joueur d'origine algérienne, kabyle plus précisément, ne veut cependant pas « être plus alarmiste que tous ceux qui veulent bien le penser. On nous a craché dessus quand on a perdu de 13 buts à Chambéry, mais Créteil vient d'en prendre 10 contre la même équipe, et à domicile. Alors on doute bien sûr, mais il y a de grosses améliorations ces derniers temps. »
Et le joueur les a senties à l'entraînement, pour préparer ce déplacement à Istres, une équipe qui n'a, elle non plus, pas encore gagné (*). « C'était très rythmé, très intense. On en a tous fait plus individuellement. Et Stéphane a bien varié le travail. » Stéphane, c'est Moualek, le coach, conscient, comme Gormit, de la situation. « Mais il n'est pas dans la «soufflante» permanente, sourit le joueur. Il insiste beaucoup sur le plan humain. Il te met face à tes responsabilités. Quand il te dit que c'est une chance de jouer en D1, un championnat qui me fait rêver, tu n'as pas envie que tout s'arrête dans huit mois. Surtout moi... »
Car Cherif Gormit a déjà anticipé. « J'ai tout connu avec le «H», rappelle-t-il. Je stoppe en fin de saison, alors je n'ai pas fait partie de l'équipe qui est montée en D1 pour m'arrêter sur une descente ! »
Cependant, les mots ne masquent pas les maux. « On doute bien sûr. Mais ça se passe super bien entre nous. Est-ce un tort ? Devrions-nous nous mettre plus de gifles ? En attendant, nous ne sommes pas moins forts que pas mal d'équipes. »
Comme Istres par exemple ? « Sur le papier, elle est dans la même situation que nous, constate le joueur nantais. Mais c'est plus costaud. Istres a l'expérience de la D1 et puis c'est une équipe du Sud. Quand tu vas là-bas, tu sais ce qui t'attend : un combat. »
Une vertu que Cherif Gormit a chevillée au corps et au coeur. « Nos valeurs sont aussi celles de la solidarité et de la cohésion. C'est là-dessus que le groupe est monté. Il n'y a pas de raison qu'on les ait perdues... »
Il y a surtout nécessité de les conserver... Car ce match ce soir à Istres est « capital » selon Christophe Mazel, l'entraîneur azuréen. « De nôtre côté en tout cas, il devient plus qu'urgent de gagner en championnat. Nous n'avons pas su, jusque-là, hisser notre niveau de jeu à celui de nos adversaires. »
Un constat aussi valable pour le HBC Nantes. « C'est notre qualité du jeu produit qui a de quoi inquiéter, déplore Cherif Gormit. À ce niveau-là, une équipe n'a pas le droit d'avoir des trois d'air. Et nous, nous en avons trop. »
Raphaël BONAMY.
(*) Istres compte un succès, mais en Coupe de la Ligue mercredi dernier à Nîmes.
Ouest-France