Heureux qui va au jardin près de son HLM
« La Terre promise », près de la Loire et des tours de Malakoff, est fréquentée de l'aube au crépuscule. : Photo F.T.
« La Terre promise », les jardins familiaux de Malakoff, sont un havre de paix pour les habitants des HLM. Mais la gestion de l'association est critiquée.
Le soleil aveugle, les feuilles des plants de tomates frissonnent au petit vent, et les salades, vertes et bonnes à cueillir, montent trop haut. Du fouillis émergent en rangs nets et serrés des courgettes, de lourds potirons à ramasser en octobre. « C'est une année à poires et à raisins », résume Patrick Lecou, ancien grutier chez Dubigeon. « Je suis l'agent d'entretien bénévole des jardins familiaux de Malakoff depuis qu'ils ont été créés il y a quatorze ans », dit-il. « Et là, voici ma chienne, Karine », belle husky aux yeux clairs connue comme le loup blanc dans les 84 parcelles de la Terre promise.
Dix-sept variétés de tomates
Patrick est membre du bureau. Il a planté fin avril début mai ses dix-sept variétés de tomates, légume béni des jardiniers d'origines française (un quart des jardiniers du lieu), turque, algérienne, marocaine, tunisienne, portugaise, allemande, etc. Heureux jardiniers qui la plupart résident en HLM, cohabitant dans les jardins de l'aube fraîche au noir crépuscule, échangeant des plants, des recettes et des conseils, se filant des coups de mains...
À table dans les jardins
Nuit et jour, la Terre promise est ouverte. Dès le lever du soleil, certains se préoccupent de la terre un peu acide et arrosent les plantations d'eau de ville gratuite. Salutaire eau potable qui a remplacé en 2002 l'eau puisée à 65 mètres de profondeur qui contenait de l'arsenic. Comme la facture était trop élevée, la ville n'ouvre plus les robinets que de 7 h 10 à 12 h 30 et de 18 h 10 à 23 h 30. Mais l'été, les jardiniers préfèrent arroser le soir car ça garde la fraîcheur. Dans la journée, ils se rassemblent midi ou soir autour des barbecues.
La grande glacière est posée sur un banc à côté de la vieille table en bois débarrassée. « On a mangé froid ce midi », dit Dominique, serveur de profession. Avec femme et enfants, il sillonne les allées. Ses plantations s'alignent derrière des pancartes, par variété. Saison moyenne pour les légumes ? « Trop de pluies au printemps et au début de l'été. » Patrick ajoute : « Mais les tomates sont bonnes, ici c'est que de la chair à l'intérieur, pas comme celles des supermarchés, pleines de flotte. »
Dans les parcelles les rangs des jardiniers sont clairsemés. « Beaucoup sont en vacances. En ce moment, dit Dominique, il en reste peut-être un quart, pas plus. » Et la saison des plantations est bien avancée. La chienne Karine s'est endormie à l'ombre d'un arbre centenaire. « Aujourd'hui, dit Patrick, reste les haricots à planter, début août au plus tard, ou les poireaux d'hiver... »
Frédéric Testu
Presse-Océan