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Groupe de conscrits guadeloupéens mobilisés pendant la Premier Guerre mondiale. : Photo DRPresque 90 ans après, l'ancien combattant de la Première Guerre mondiale va peut-être enfin recevoir les honneurs qu'il mérite suite aux recherches d'un professeur au lycée Jean-Jaurès de Reims.
Il vient en effet d'adresser un courrier au député-maire Jean-Marc Ayrault afin qu'une transcription d'actes de décès se fasse entre la mairie de Port-louis et de Nantes. Il lui a aussi suggéré de consacrer une plaque commémorative place de Bretagne à la mémoire de cet ancien poilu.
Ancien combattant de la Grande Guerre
Né en 1892 à Port-Louis en Guadeloupe, Saint-Eloi Etilce participe à la campagne des Dardanelles durant laquelle il est blessé. Rapatrié en France, il est soigné au dépôt d'isolés de Saint-Nazaire qui recevait alors des soldats coloniaux. Il migre ensuite vers Nantes où il est manoeuvre pendant quelque temps.
Le 22 avril 1919 Saint-Eloi est abattu d'une balle dans le ventre tirée à bout portant par le policier militaire américain Stephen J. Wharton, lors d'une foire place de Bretagne. La balle touche ensuite une passante qui ne sera pas blessée. Etilce succombe à ses blessures quelques heures plus tard à l'Hôtel-Dieu. Il semble alors qu'il ait été jeté à la fosse commune nantaise.
Le policier militaire est arrêté sur le champ. Il déclare alors avoir voulu stopper Saint-Eloi Etilce qu'il aurait pris pour un déserteur américain.
Il est alors remis à la justice militaire après avoir été traité avec beaucoup d'égard par les forces de l'ordre françaises selon les récits journalistiques de l'époque.
Crime raciste ?
Ce crime intervient dans un contexte très tendu, la population supportant de plus en plus mal la présence des troupes américaines à Nantes ou à Saint-Nazaire. Et les incidents entre soldats américains blancs et sujets ou citoyens français des colonies sont de plus en plus fréquents.
La théorie du crime raciste est mise en avant par Dominique Chathuant car le crime a été commis à bout portant, de sang-froid, sans que la victime ne cherche à fuir. Stephen J Wharton était en plus, selon les recherches de l'historien, un sudiste.
Or on connaît le climat particulièrement raciste qui régnait à l'époque dans le sud des États-Unis. On sait aussi que durant cette période on risquait peu pour un crime commis sur un homme noir.
À travers ses recherches, Dominique Chathuant ne cherche pas seulement à honorer la mémoire d'un ancien poilu blessé au combat. Il veut surtout faire sortir de l'anonymat cet homme, victime d'un acte raciste.
Reste à savoir si Jean-Marc Ayrault répondra favorablement à sa requête.
Tony Fonteneau