Incendie du centre de rétention de Nantes : les étrangers transférés
Au premier plan : le centre de rétention de Nantes, situé dans la cour du commissariat central Waldeck-Rousseau. Les dégâts ne sont pas visibles de l'extérieur. : Photo archive Presse-Océan
À Nantes, les locaux où sont retenus les étrangers menacés d'expulsion ont été endommagés. Un homme d'origine turque a été placé en garde à vue pour dégradations par incendie.
Les sept étrangers qui étaient placés au centre de rétention de Nantes ont dû être transférés en catastrophe à Rennes hier. Et pour cause : les locaux, situés dans la cour du commissariat Waldeck-Rousseau, sont exceptionnellement fermés depuis dimanche.
Ce soir-là, peu après 18 h 30, un incendie s'est déclaré dans la chambre d'un retenu (lire nos éditions d'hier). L'homme, âgé de 44 ans, originaire de Turquie, avait été placé en rétention vendredi dernier, après avoir été interpellé sur son lieu de travail, un chantier de BTP de l'agglomération nantaise. Sa reconduite à la frontière était devenue « imminente ».
« Effondré » depuis son arrivée au centre
« Nous étions inquiets à son sujet », confiait hier Mickaël Garreau, de la Cimade, qui accompagne les étrangers menacés d'expulsion. « Depuis vendredi, il paraissait effondré ».
Dimanche soir, après s'être enfermé dans sa chambre, l'homme a mis le feu à ses draps, avec un briquet a priori, après s'être entaillé les veines. Une fois de plus, l'homme a attenté à ses jours (lire ci dessous).
Souffrant de brûlures au visage, il a dû être transporté au CHU.
Dès sa sortie de l'hôpital, hier midi, il a été placé en garde à vue. Un expert psychiatre devait le rencontrer dans la soirée pour juger de sa responsabilité pénale.
Pas de trêve pour les expulsions
En attendant, une réunion doit se tenir aujourd'hui en préfecture pour évaluer les dégâts. Les flammes ont ravagé l'une des quatre chambres du centre et sérieusement noirci les murs de la salle de réfectoire. « Notre objectif est que le centre rouvre ses portes le plus vite possible », indiquait-on hier à la préfecture. « De toute façon, si ce n'est pas le cas, nous ne cesserons pas pour autant de lutter contre l'immigration irrégulière », ajoutait un fonctionnaire.
En 2007, 306 étrangers ont été retenus au centre de Nantes. 119 ont été réellement expulsés. Selon les collectifs de soutien, « la pression du chiffre est toujours plus forte ».Un nouveau centre de 22 places (soit 14 places supplémentaires) devrait ouvrir fin 2009, début 2010, à Nantes.
Anne-Hélène Dorison
(avec Yan Gauchard)
Presse-Océan