JO de Pékin : Ayrault et Auxiette pour un geste symbolique fort
Jean-Marc Ayrault et Jacques Auxiette dont les collectivités ont développé des relations avec la Chine, sont partisans du boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin.
Le député-maire de Nantes et le président de la Région des Pays de la Loire se prononcent pour le boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.
Nantes et la Région des Pays de la Loire entretiennent des relations avec la ville de Qingdao (7 millions d'habitants, entre Pékin et Shangaï) et sa province de Shandong. Dans le contexte des jeux Olympiques de Pékin et de la répression chinoise au Tibet, Jean-Marc Ayrault et Jacques Auxiette sont partisans d'un « geste symbolique fort » qui puisse interpeller l'opinion internationale.
« Nos relations avec la Chine ne nous empêchent pas d'organiser en juillet prochain à Nantes le Forum international des Droits de l'Homme. Le drapeau Tibétain flotte devant l'Hôtel de Ville et j'ai envoyé un message de solidarité au daïla-lama pour lui proposer de le rencontrer au mois d'août lorsqu'il viendra à Nantes », précise Jean-Marc Ayrault qui estime que le fait de ne pas participer à la cérémonie d'ouverture des jeux « serait un message clair, symbolique ».
« Un réel impact »
« Chaque sportif est un citoyen », ajoute-t-il, expliquant : « Tout le monde a accepté, en connaissance de cause, les jeux Olympiques en Chine. Il ne s'agit pas de découvrir cela seulement au moment où la Chine a des problèmes avec les Droits de l'Homme au Tibet. Mais il ne faut pas pour autant se taire. La cérémonie d'ouverture est un moment important. C'est une idée partagée par beaucoup de gens, notamment par Reporters sans frontières. Si la France prenait la tête de ce mouvement cela pourrait avoir un réel impact ! ».
Pour Jacques Auxiette, qui a développé les relations de la Région avec le Shandong, où se tiendront les épreuves de voile des JO, « si ces échanges ne doivent pas favoriser un certain silence face à des questions aussi essentielles que le respect des Droits de L'Homme, il faut se garder d'instrumentaliser le sport à des fins polémiques ».
« Pas d'indignation sélective »
Il s'interroge : « Pourquoi exigerait-on des sportifs ce que personne ne demande aux industriels, aux consommateurs, ou plus généralement à tous ceux qui échangent avec la Chine ? Il ne doit pas y avoir d'indignation sélective... Je refuse l'idée d'un boycott pur et simple qui pénaliserait la population chinoise et les athlètes qui se préparent depuis maintenant de nombreuses années. Cependant je partage aussi la réflexion pour qu'un geste symbolique fort interpelle l'opinion internationale sur les violences en cours. Je suis plutôt favorable à la proposition d'envisager une non-participation à la cérémonie d'ouverture des JO. Il convient au Président de la République de placer la parole de la France au service de l'héritage des droits universels ».
Éric Cabanas
Presse-Océan