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Festival Juste pour rire

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Édition du dimanche 13 avril 2008

Jean-Jacques Vanier, le dernier envol du pingouin

Dernier vol plané dans le grand Ouest pour le spectacle de ce drôle d'oiseau. Entre la télévision et l'écriture, Vanier poursuit son parcours de chroniqueur à la fois lunaire et poétique.

L'Envol du Pingouin se pose à Nantes pour l'une de ses dernières représentations. Est-ce une page qui se tourne ?

Je ne tourne pas une page, je passe à la ligne suivante! Avec 500 représentations depuis dix ans, le spectacle a bien vécu. Je l'ai d'ailleurs beaucoup joué dans la région nantaise, j'ai d'excellents souvenirs de l'une de mes premières dates, c'était à la Bouche d'Air. Cette fois, il est programmé par un festival que je ne connais pas beaucoup mais auquel j'ai participé il y a 20 ans à Montréal. J'étais alors un tout jeune comique, je faisais mes premiers pas sur scène.

Comment l'aventure du rire a-t-elle commencé pour vous ? Vocation ou hasard ?

J'avais 20 ans et j'étais prêt à tout. C'est ce qu'il faut pour que les portes s'ouvrent. On a tous en nous du plaisir à faire rire les autres. Mais de là à en faire son métier... J'aurais pu devenir médecin ou politique. Je n'ai pas choisi un métier, j'ai choisi la sincérité. Le déclic s'est fait quand je suis monté pour la première fois sur scène, au Petit conservatoire. Je disais déjà des textes que j'écrivais. Après, tout s'est chevauché : l'écriture, le one-man show, France Inter où j'ai débuté avec Laurent Ruquier dans Rien à cirer.

... Que vous avez suivi à la télévision, où vous êtes depuis septembre choniqueur dans l'émission On n'a pas tout dit, sur France 2. Est-ce un exercice si différent de la scène ?

Il faut écrire très court, rythmé, plus serré. Etre plus incisif, efficace dans le rire, sinon ce n'est pas présentable.

Ce qui était plaisant à la radio, c'était cette possibilité de se laisser des secondes de suspension, qui permettent de déclencher des images dans la tête des gens. A la télé, on n'a pas besoin de ces images.

Dans vos spectacles, vous jouez d'associations d'idées, vous racontez des histoires dingues mais crédibles, jamais de blagues. Comment vous situez-vous dans le petit monde des humoristes ?

Je ne me situe pas, je ne force pas les choses, je suis bien là où je suis. Mais j'aime beaucoup des gens comme Muriel Robin, Jamel... Chaque comique est intéressant. Prenez Bigard : même si je ne travaille pas du tout comme lui, je le trouve très impressionnant. Je pense même que je pourrais très bien m'adresser au même public que lui. Remplissez-moi un Zénith et je vous le montre!

Vous donnez-vous des limites dans les sujets que vous abordez ?

Je suis naturellement pudique et cela se manisfeste dans l'écriture. Si je prononce certains mots, il ne faut pas que ce soit gratuit. Je suis allé très loin en parlant de copains morts dans La vie est belle. Je pense qu'on peut faire rire avec tout. Ce qui compte, c'est l'humanité qu'il y a derrière les propos.


L'envol du pingouin, lundi 21 avril à 20 h 45, salle Le Cosmic, Cité des congrès.

Ouest-France

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