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FC Nantes-Atlantique

Édition du vendredi 13 avril 2007

Jean-Luc Arribart : « J'ai peur pour Nantes »

Suite de notre radioscopie avec le consultant d'Eurosport,Jean-Luc Arribart. Observateur privilégié de la L2, l'ex-Rennais est très inquiet pour le FC Nantes.

 

Nouvellement promu, Troyes éprouve de grosses difficultés pour se maintenir tout comme Sedan, monté un an auparavant. Est-ce à dire que le fossé est énorme ?

« Tout se joue au niveau financier. À l'exception de rares clubs qui ont réussi cette transition en conservant la même équipe, je pense dans un passé récent au Mans et surtout à Valenciennes, ils sont confrontés à cette équation difficile à résoudre : renforcement d'équipe, mais insuffisance financière pour le faire. On dit souvent que dans pareil cas il faut recruter malin. Je crois qu'il convient surtout de disposer d'une très bonne cellule de recrutement et d'observation, à savoir une petite armée d'yeux qui ramènent les éléments souhaités par le coach. C'est encore possible à condition d'être organisé. Les clubs sont également confrontés au souci de faire plaisir à ceux qui ont participé à la montée. C'est dur de dire à des joueurs : vous avez été des artisans essentiels de la montée mais on n'estime que vous n'avez pas le niveau requis pour la L1. »

Et à l'inverse, percevez-vous au fil du temps des changements dans des clubs comme Metz ou Strasbourg quand ils descendent en L2 ?

« Le départ est primordial. Si je prends l'exemple de Metz, leur premier match à Gueugnon s'est avéré un déclic. Ils ont été bousculés, dominés mais ont gagné 1-0. Francis de Taddéo qui avait choisi la sécurité en mettant cinq gars derrière, a trouvé ce jour-là un système de jeu - le 5-3-2 - qu'il n'a pour ainsi dire plus changé. Il faut vraiment se mettre tout de suite dans le bain d'un championnat plus proche aujourd'hui de la L1 que par le passé, mais usant et long. En fait, il faut trouver des joueurs qui ont de l'appétit. Un collectif, qui a tout à gagner. Pas des joueurs déçus de ne plus se retrouver en L1. Des garçons positifs à tous les niveaux, forts dans leur tête. Idem pour l'entraîneur. De Taddéo avait un challenge. Il voulait montrer à son président qu'il était l'homme de la situation. À Caen, Franck Dumas avait loupé d'un rien la montée l'an dernier, il attaquait donc cette saison avec un appétit féroce. »

Existe t-il des spécialistes de la L2 ?

« Oui, certains sont des joueurs typiques de L2, à savoir des valeurs sûres, capables d'encadrer des jeunes talentueux. Dans les trois équipes appelées à la montée, vous avez deux, trois ou quatre joueurs importants. C'est un patron de défense, un gardien, un buteur. Pour certains, la L2 correspond à leur niveau. Ils seront plus timides, moins épanouis et moins performants à l'étage au-dessus. Ils resteront davantage dans leur coquille en L1, ne se comporteront plus comme des leaders. Je ne ferai pas l'affront à un joueur de dire qu'il est juste bon à évoluer en Ligue 2 mais ça existe. »

Le plus gros piège ?

« Croire que l'on va remonter, car on était il y a peu, une équipe de L1. Regardez, Montpellier, il ne s'en remet pas. À Nantes, l'équipe va se retrouver bouleversée. Je ne parle même pas des dirigeants. Nous en parlions récemment sur l'antenne d'Eurosport. Nantes mourait doucement. Ce qui arrive aujourd'hui est presque la conclusion logique de ces dernières années. Tout a presque été fait pour en arriver là. Deux opérations doivent presque être mises en place simultanément : l'opération maintien et l'opération préparation à L2. Deux scénarii envisagés par exemple par le PSG. Mais Michel Der Zakarian et Japhet N'Doram seront-ils toujours les entraîneurs ? Roussillon et Dassault seront-ils encore là ? Metz peut digérer plus facilement une descente. C'est solide, immuable, costaud autour de Molinari. Le grand problème est de bosser sur des sables mouvants. Cette forme de point d'interrogation qui entoure l'avenir et peut occasionner un handicap difficile à surmonter pour bâtir une équipe forte en L2 me fait peur pour Nantes. »

Propos recueillis par Christophe DELACROIX.

Ouest-France

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