Édition du samedi 12 mai 2007
Jean-Marc Ayrault invite Dassault à vendre
Le maire de Nantes attend une prise de position rapide et claire de Dassault. Un actionnaire qu'il préférerait voir partir.
Cela faisait longtemps. Trop longtemps même, au goût de certains, qu'il ne s'était pas publiquement, et longuement exprimé sur la situation du FC Nantes. Mais la relégation du club en Ligue 2, consommée mercredi soir, Jean-Marc Ayrault a décidé de sortir de sa réserve. Pour asséner à un parterre fourni de journalistes, un discours de six pages, avant de se prêter à l'exercice question-réponse. « Sans langue de bois », comme il l'a lui-même souligné.Le message du maire de Nantes a en effet été clair. Et sa cible est parfaitement identifiée et identifiable. « Jusqu'à présent, le Groupe Dassault a toujours fait savoir que le club n'est pas à vendre. La situation nouvelle créée par la relégation en Ligue 2 me conduit à poser à nouveau la question. Je souhaite que la réponse soit rapide et claire. » Un voeu exprimé plus explicitement encore : « Soit l'actionnaire investit et se donne les moyens d'un projet sportif ambitieux, soit il vend. » Quelle que soit la solution adoptée, JMA en appelle à « un profond changement ». Pour lui, si Dassault devait conserver le FCNA dans son portefeuille, il paraît inconcevable de repartir avec la même équipe de direction. « Je ne crois plus que le management actuel soit en situation d'incarner ce renouveau. Le direction du club ne paraît pas en mesure de rassembler, de fédérer autour d'elle pour qu'enfin, tout le monde tire dans le même sens. » Un pavé dans la marre de MM. Roussillon et Gripond, le second bénéficiant à son sens de circonstances atténuantes : « Il est probable qu'on lui a savonné la planche. »Néanmoins, on croit deviner que Jean-Marc Ayrault, qui se félicite tout de même des finances « globalement saines » sous la coupe de l'avionneur, penche pour une cession : « Ce serait plus simple que Dassault dise « je vends » », convient-il. Mais, précise-t-il un peu plus loin, « à un actionnaire de référence qui soit vraiment le patron. Car si c'est pour faire une sorte de conglomérat avec quelques morceaux de financement, pour qu'ensuite, on refasse la politique du club tous les matins, tous les midis et tous les soirs, on est sûr que ça ne marchera pas. » Le maire attend donc, un « repreneur crédible ». Une étiquette qui collait, à son sens à la Socpresse (« seul candidat crédible à l'époque » (1)), en 2000, soit dit en passant. La déception n'est manifestement pas facilement avouable. Elle apparaît néanmoins en filigrane du portrait-robot du candidat idéal qui doit avoir « la capacité financière pour payer le prix convenu avec le vendeur, mais aussi la capacité à investir les volumes financiers nécessaires pour ancrer le club au plus haut niveau ».L'acheteur devra également montrer patte blanche. Etre « recommandable et transparent », en d'autres termes. Car, la ville de Nantes aura bien évidemment « son mot à dire ». Un mot qui tient aux conventions passées avec le club, « caduques, en cas de changement d'actionnaire de référence ». Si JMA ne maîtrise pas tout, il n'est pas hors-jeu non plus...Pierre-Yves ANSQUER.Les partenaires se mettent à table. À situation exceptionnelle, réunion exceptionnelle. Les partenaires du FCNA se réuniront ce midi pour discuter des différentes solutions s'offrant à eux en ce qui concerne leur implication dans le club à l'avenir. Ce que Daniel Augereau, président de Synergie, traduit ainsi de façon sibylline : « Des choses doivent changer ».(1) Le dossier Michel Reybier n'avait donc pas été jugé comme tel.
Ouest-France